Judith Leyster (1609-1660) se fait très tôt connaître dans sa ville natale de Haarlem et sa renommée atteint rapidement Amsterdam. À 24 ans, elle devient l'une des deux seules femmes à être admises en tant que maître dans la guilde de Saint-Luc de Haarlem au XVIIe siècle. Ce tableau dépeint d'une touche enlevée Pekelharing, personnage de comédie populaire à l'époque. Il entre souvent sur scène à la fin de la pièce, une chope vide à la main pour montrer que la pièce est finie. Pekelharing est ici représenté en gros plan, le visage rouge et l'air ravi, et présente sa chope vide au public. Une petite pipe et des paquets de tabac sont posés sur la table devant lui : la chope et le tabac évoquent à la fois les plaisirs de l'existence et le danger qu'il y a à en abuser. Comme beaucoup de peintures hollandaises de l'époque, le tableau transmet un message moralisateur sur le caractère éphémère de l'existence et la nécessité de la modération. Malgré l'estime dont elle jouit de son vivant, Judith Leyster sombre dans l'oubli après sa mort et ses tableaux sont souvent attribués à Frans Hals (1582-1666) ou à son mari, le peintre Jan Miense Molenaer (v. 1610-1668).