Les leçons
à en tirer

L’histoire de la baleine boréale n’est qu’un exemple parmi de nombreux massacres commis par les occidentaux. Elle raconte la manière dont les puissances industrielles et coloniales ont longtemps considéré que la Terre, ses ressources, ses animaux et certains peuples leur appartenaient de droit. Au nom du progrès, du commerce et du profit, des écosystèmes entiers ont été détruits, des espèces massacrées, des cultures bouleversées.

La baleine boréale a été victime d’une violence économique et systémique, celle d’Hommes capables de transformer absolument tout et même des être au cœur battant, en simple marchandise. Cette logique, qui domine encore notre époque, consiste à estimer que tout peut être épuisé tant que cela rapporte de l’argent. Depuis l’ère industrielle, avec le capitalisme, cette mécanique c’est même largement amplifier.

Les abattoirs industriels, véritables usines à tuer des êtres sentients dans des conditions d’une cruauté extrême, existent avant tout pour répondre aux exigences de rentabilité des grandes multinationales agroalimentaires. L’épuisement des ressources continue également de frapper en priorité les populations non européenne. Au Mexique, d’immenses centres de données construits dans des régions désertiques utilisent des quantités colossales d’eau pour refroidir leurs installations, privant les populations locales d’un accès suffisant à l’eau potable.

Une grande partie des déchets produits par les pays riches est exportée vers des pays africains, où elle contamine les sols, les rivières et la santé des habitants. Partout, les conséquences du réchauffement climatique accélèrent l’effondrement du vivant : fonte des glaces, montée des eaux, sécheresses, incendies géants, forçant des innocent·es à fuir leur terre natale.

Dans les forêts amazoniennes ou à Madagascar, la déforestation détruit peu à peu des écosystèmes essentiels au fonctionnement de continents entiers. Elle menace aussi les cultures humaines qui vivent dans ces zones depuis des siècles. À Madagascar, par exemple, la disparition progressive des lémuriens, animaux sacrés pour les Malgaches, représente autant une catastrophe écologique qu’un drame culturel.

L’histoire de la baleine boréale ne doit pas être lu comme une simple erreur du passé, comme si l’humanité s’était depuis libérée de cette brutalité. Il faut comprendre que ces logiques d’exploitation, de destruction et d’accumulation continuent d’organiser une grande partie du monde contemporain et apprendre qu’il faut refuser l’idée que la disparition du vivant serait un prix acceptable du progrès.

À notre échelle, cela implique de s’informer, de transmettre, de militer, de soutenir celles et ceux qui protègent les écosystèmes, et de maintenir une pression constante sur les grandes entreprises et les responsables politiques qui participent à la destruction du climat et du vivant. Que l’Histoire de la baleine boréale nous fasse comprendre que si notre société considère le monde comme une ressource infinie à exploiter, elle va finir par détruire les conditions mêmes de sa propre survie.