Premiers sites webs personnels
Depuis le début du web jusqu'à aujourd'hui encore, de nombreuses personnes possèdent leur site web personnel, codé et bricolé à la main, comme une pièce personnelle où s'exprimer.
La pratique du partage de musique en ligne sur ce genre de sites est difficilement quantifiable et retraçable, puisqu'il s'agit d'une nuée de pages perdues dans l'immensité du web.
Heureusement, des webrings se sont vite mis en place, et continuent d'exister pour regrouper les communautés d'artistes souhaitant mettre en ligne leur musique et la faire découvrir sur le web, mais aussi simplement des utilisateur·ices désireux·ses de partager leurs morceaux favoris :
CDRing est très récent (2025).
Musicians Webring est plus ancien.
Blogs MP3
À la fin des années 1990 jusqu'au début des années 2000, les blogs MP3 se développent rapidement. Il s'agit de pages web tenues par des passionné·es de musique afin d'héberger des fichiers mp3 et de les mettre à disposition en téléchargement. Souvent créés autour d'un genre de musique spécifique, même si cette pratique s'est diversifiée avec le temps, on peut considérer ces pages comme les ancêtres des playlists en quelque sorte : une sélection de morceaux par un·e passionné·e voulant faire découvrir et partager de nouveaux morceaux.
Cette pratique vit encore quelque part dans les tréfonds du web, sur des pages telles que ambiancejeune.com.
SoundCloud
À l'origine conçu comme un outil d'envoi et de réception de fichiers audios pour les musicien·nes, favorisant les collaborations et le dialogue autour de morceaux. SoundCloud se transformera peu à peu en plateforme de distribution et d'écoute de musique, à l'image d'autres services existants.
Encore aujourd'hui, SoundCloud se distingue des autres plateformes de streaming par son aspect communautaire. Les possibilités de reposter, de commenter, de liker des morceaux et de les faire apparaître sur son profil forment un réseau social basé sur la musique très apprécié par les artistes et les auditeur·ices passionné·es.
Bandcamp
Encore aujourd'hui, Bandcamp est une des meilleures solutions dont les artistes disposent pour vendre leurs albums en ligne, avec une possibilité de les laisser à prix libre, prix libre minimum etc.
Bandcamp reste cependant une plateforme à l'expérience utilisateur·ice tournée vers les artistes, et donc peu confortable pour les auditeur·ices.
Les fichiers sont certes téléchargeables librement une fois achetés, mais l'interface d'écoute est très en dessous de celles proposées par les autres services plus populaires, ce qui pourrait expliquer la popularité relative de Bandcamp.
Nombreuses autres plateformes propriétaires
Depuis leur émergence en 2007-2008 et leur consolidation sur le marché depuis 2015, les plateformes propriétaires règnent sur la distribution et l'écoute de musique en ligne.
Le web comme il existait au début des années 2000 n'existe presque plus : le trafic global est concentré presque uniquement sur ces plateformes et réseaux (et cela même en dehors du milieu musical).
De nouvelles applications ont également vu le jour, renforçant le lien entre musique et image : Vine, puis Musically, puis enfin Tiktok, dont l'influence du format court s'étendra ensuite sur tous les autres réseaux.
Les artistes doivent aujourd'hui repenser leurs priorités, l'attention se déplace : l'important n'est plus où on publie sa musique, mais où on en parle et où on la fait circuler, sur quels réseaux, dans quelles communautés.
Nombreuses autres alternatives libres
Rémunération correcte des artistes, indépendance, gestion collective, partage de musique libre, toutes ces revendications alimentent le besoin d'alternatives aux plateformes existantes, plus libres et plus éthiques.
Avec le développement des technologies du web durant ces dernières décennies, beaucoup émergent dans des communautés plus ou moins niches.
Quelques unes sont citées plus haut : Subvert, Faircamp, Mirlo, Funkwhale (même si cette dernière est plutôt axée sur le partage de musique entre auditeur·ices), et sûrement bien d'autres.
Le problème reste globalement le même pour toutes ces plateformes : le grand public n'écoute plus de la musique sur le web, mais sur des applications. Posséder sa propre page web garde : exposer ses morceau comme sur un portfolio, proposer une vente d'albums alternative au streaming, envoyer un symbole de résistance face à cette industrie immorale.