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Relation toxique

Relation toxique

De la nature aux laboratoires

À l’image d’autres objets de notre société, le médicament est rentré dans une course évolutive, plus efficace, plus innovant, plus précis. Toute fois, le corps humain se révèle d’une grande complexité et le nombre de principe actif agissant sur la maladie sans dérégler tout les mécanismes biologiques n’est pas infini. Les laboratoires pharmaceutiques doivent alors déployer des stratégies économique afin de pouvoir développer leurs pôles de recherche et développement. Et pour comprendre les choix de ces laboratoires il faut comprendre les processus de fabrication et de mise sur le marché des médicaments.

Qu’est-ce qu’un médicament ?

Le code de la Santé publique (article L.5111-1) définit ainsi le médicament :
« Toute substance ou composition présentée comme possédant des propriétés curatives ou préventives à l’égard des maladies humaines ou animales, ainsi que toute substance ou composition pouvant être utilisée chez l’homme ou chez l’animal ou pouvant leur être administrée, en vue d’établir un diagnostic médical ou de restaurer, corriger ou modifier leurs fonctions physiologiques en exerçant une action pharmacologique, immunologique ou métabolique. »

Chronologie de fabrication

Les six étapes de la fabrication d’un médicament :

  1. La recherche du principe actif
  2. Le développement préclinique
  3. Le développement clinique
  4. L’évaluation et l’enregistrement
  5. L’exploitation
  6. Extension

0 an

10 ans

20 ans

25 ans

Recherche du principe actif

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La recherche du principe actif

Pour concevoir un nouveau médicament, il faut d’abord comprendre la maladie que l’on souhaite traiter. Cette phase d’étiologie peut prendre plusieurs années. Grâce à ça les chercheurs ciblent quel genre de principe actif leur sera utile. Ils testent un maximum de molécules qu’ils trieront dans un second temps en fonction de leur efficacité et de leur toxicité (vis à vis de l’Homme). Ces tests sont fait de manière informatique avec des simulations et des représentations 3D. La phase de recherche du principe actif dur environ trois ans et permet de présenter plusieurs molécules pour l’étape suivante.

Développement préclinique

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Développement préclinique

La phase préclinique, qui dure un à deux ans et qui confirme l’activité de la molécule sur des cellules in vitro puis sur des modèles animaux. Cette phase permet également d’identifier les effets indésirables qui pourraient empêcher une molécule de passer en phase clinique, où ces essais sont réalisés sur l’Homme.

Développement clinique

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Développement clinique

La phase clinique I
qui dure de quelques jours à quelques mois
durant laquelle sont évaluées la tolérance et la pharmacocinétique du candidat médicament sur un petit groupe de volontaires en bonne santé.

La phase clinique II
qui dure de quelques mois à deux ans et détermine l’efficacité du produit chez une petite population malade. Dans un premier temps phase IIA, l’objectif est d’évaluer l’efficacité du médicament vis-à-vis de la pathologie ciblée. Ensuite, la phase IIB permet de définir la dose optimale, pour laquelle l’efficacité thérapeutique est optimale, avec le moins d’effets secondaires.

La phase clinique III
la plus longue, qui est réalisée sur une population malade importante, sur plusieurs années
afin d’étudier l’efficacité et la sécurité du nouveau médicament par rapport au traitement de référence ou par rapport à un placebo.
Sur 10 candidats médicaments engagés dans les essais cliniques, un seul est sélectionné à la fin des différentes phases.

Évaluation

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Évaluation - Enregistrement

L’entreprise qui souhaite commercialiser le candidat médicament ayant passé avec succès les essais cliniques doit déposer un dossier auprès des autorités sanitaires (en France, l’ANSM). Des experts de l’ANSM vont ensuite évaluer la qualité, l’efficacité et la sécurité du candidat médicament. Chaque groupe d’expert rend un avis, avis qui sont étudiés par la commission d’autorisation de mise sur le marché. Une décision est alors rendue à l’entreprise, autorisant ou non la commercialisation du candidat médicament. Cette phase d’évaluation dure un à deux ans.

Exploitation

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Exploitation

Une fois l’AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) obtenue, l’industrie pharmaceutique produisant le médicament peut l’exploiter pendant 10 ans. Tout au long de la commercialisation du médicament, la pharmacovigilance permet de suivre entre autres les effets indésirables du médicament, potentiels ou avérés, que ceux-ci interviennent dans le cadre de l’utilisation prescrite ou dans le cadre d’une utilisation non conforme aux termes de l’AMM du médicament (surdosage par exemple).
Après les dix années d’exploitation, le brevet tombe dans le domaine public et il est alors possible de fabriquer des médicaments génériques. Ceux-ci comportent :

  • - Le même principe actif que le médicament d’origine (appelé princeps), dans la même proportion ;
  • - Des excipients, qui peuvent être différents de ceux du princeps.

Ils doivent avoir la même efficacité thérapeutique que le princeps et la même forme pharmaceutique (comprimé, gélule, sirop...). Leur commercialisation nécessite une autorisation de mise sur le marché.

Extension

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Extension

Bien que la durée standard d’un brevet soit de 20 ans, la durée de vie commerciale effective d’un brevet pharmaceutique est généralement beaucoup plus courte. Cela s’explique par la longueur du cycle de développement des médicaments, où 8 à 12 ans peuvent être consacrés aux essais cliniques et aux examens réglementaires.
Pour pallier cette période de latence, un certificat complémentaire de protection (CCP)a été instauré. Ce titre prolonge les droits exclusifs du titulaire d’un brevet de produit pharmaceutique, au maximum de cinq années
permettant de compenser le délai nécessaire pour obtenir l’AMM et de maximiser la rentabilité de l’innovation.

L’étude randomisée en double aveugle


Un défi inhérent à la recherche médicale réside dans l’impossibilité de manipuler un seul paramètre tout en maintenant les autres constants. La dynamique complexe du vivant est caractérisée par un équilibre délicat entre divers facteurs, et la modification d’un paramètre peut induire des adaptations interdépendantes dans l’organisme, régulant ainsi son homéostasie.


C’est pourquoi lorsqu’un nouveau médicament doit être testé pour analyser s’il est vraiment éfficace vis à vis du problème ciblé, une étude en double aveugle est entreprie. Ce type d’étude suit un processus bien définit afin de pouvoir exploiter au mieux les résultats.


Comme il est impossible de s’affranchir de la diversité humaine, il faut la prendre en compte dans l’étude. Les promoteurs de l’étude prévoient donc deux groupes de patients, l’un prenant un traitement contenant le principe actif (le médicament), l’autre prenant un placebo, présenté généralement sous la même forme galénique (sirop,pilule, etc.). La répartition entre le principe actif et le médicament évalué se fait de manière aléatoire et ni la personne prenant le traitement, ni la personne l’administrant ne la connaissent. La levée du voile n’est faite qu’après le traitement statistique.


On ne pourra dire qu’un traitement a de l’effet que si l’on observe une différence statistique significative entre les deux groupes, c’est-à-dire que la probabilité que la différence observée entre les deux traitements soit due uniquement au hasard, est inférieure à un certain seuil fixé. En médecine, ce seuil est très souvent fixé à 5 %.