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Bonjour, je suis aujourd’hui avec Ida Bost. Ida est l’auteure du livre les herboristes au temps du certificat. Ce livre représente la moitié d’une thèse qu’Ida a faite sur l’herboristerie française et qui couvre les années 1803 à 1941. Pourquoi ces dates ? On va voir pourquoi elles sont si importantes dans notre histoire. Le livre est publié aux Éditions L’Harmattan. C’est un livre que j’ai lu avec beaucoup de plaisir et je suis très heureux Ida, de t’avoir aujourd’hui. Ida, tu as passé plusieurs années à interroger des herboristes contemporains, tu as toi-même suivie une formation en herboristerie, tu as fouillé dans les archives de l’école supérieure de pharmacie de Paris, qui était en charge des examens d’herboristerie à l’époque. Tu as consulté les revues syndicales des herboristes, tu as consulté les archives de la préfecture de police de Paris, la littérature populaire. Bref, tu es devenue une incroyable source de savoir pour cette période de notre histoire. Tellement, que le sénateur Joël Labbé, qui défend le projet sur le développement de l’herboristerie et des plantes médicinales, t’a invitée à participer à sa mission d’information, qui était si je me souviens bien en 2018. Ça fait déjà deux ans. Je me réjouis de passer un excellent moment avec toi. J’adore l’histoire et je sais que ceux qui nous écoutent, aimeraient aussi comprendre comment on en est arrivés à la situation d’aujourd’hui pour l’herboristerie française. Avant de commencer, explique-nous comment tu en es arrivé à sélectionner ce sujet de thèse ?
Ça a été un hasard. Ce n’était pas prévu. Je ne connaissais pas l’herboristerie, je ne connaissais pas les plantes médicinales, j’étais en dehors de ça et je devais travailler au Mali sur des programmes de sélections de variétés de mil et de sango, rien à voir et il y a eu des enlèvements de Français au Mali. Le programme a été supprimé et il a fallu que je rebondisse très rapidement. C’est ma directrice de thèse qui m’a poussée en me disant, là, il faut que tu trouves un sujet. J’aimais bien les plantes, j’aimais bien la santé, je me suis dit, pourquoi pas l’herboristerie, mais ça a été un choix de dernière minute et encore une fois, je n’y connaissais rien du tout. Je me suis plongée dans ce sujet et peut-être que c’est ça aussi qui a fait le regard que j’ai eu dessus. Je n’avais aucun apriori et j’ai découvert un monde incroyable. À partir de ce moment, j’ai complètement baigné dedans. C’est un sujet passionnant, qui a été très peu exploité, notamment par la recherche. Ça commence, ça arrive, on en parle de plus en plus, mais il y a encore beaucoup de choses à faire. Je me suis trouvée face à un vaste sujet, absolument incroyable.
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