Pharmacie à domicile
Achillée millefeuille
L’Achillée millefeuille ou la Millefeuille (Achillea millefolium L.) est une espèce de plantes herbacées vivaces de la famille des Astéracées, cosmopolite dans l’hémisphère Nord. C’est une plante comestible dont on peut utiliser les feuilles (à goût astringent et à faible odeur camphrée et l’une des plantes le plus couramment utilisées en médecine traditionnelle depuis plus de 3 000 ans. Les études phytochimiques des espèces d’Achillea ont montré que ce genre botanique biosynthétise de nombreux composants hautement « bioactifs ». On retrouve cette plante dans des comprimés anti spasmodique ou des pommades
Cinchona officinalis
Jusqu’au milieu du XVIIe siècle, la médecine européenne était restée impuissante contre les fièvres palustres. Tous les étés, des fièvres intermittentes frappaient les populations du bassin méditerranéen. Peu à peu, la maladie s’était étendue vers le nord ; elle atteignit les côtes méridionales de l’Angleterre au XVIe siècle et traversa l’Atlantique avec les colons européens. Ce furent les jésuites qui grâce à leur implantation mondiale trouvèrent dans le Nouveau Monde la plante guérisseuse. Au début du XVIIe siècle, un jésuite italien, Augustino Salumbrino créait à Lima au Pérou une grande pharmacie pour pourvoir aux besoins médicinaux de tous les jésuites de la vice-royauté. Un des membres de la Compagnie de Jésus de Lima, Bernabé Cobo, rapporte en 1639 : « Dans le district de la ville de Loja aujourd’hui situé en Équateur du diocèse de Quito pousse une certaine espèce de grands arbres qui ont une écorce semblable à la cannelle, un peu rugueuse et très amère ; laquelle, réduite en poudre, est administrée à ceux qui ont la fièvre, et avec ce remède seul le mal disparaît ». On sait qu’à partir des années 1631, lorsque les pères jésuites se rendaient à Rome, ils emportaient de « l’écorce du Pérou » avec eux. Les médecins du Vatican eurent alors la possibilité de vérifier que l’« écorce » ou « herbe des Jésuites » était aussi efficace contre les fièvres intermittentes qui décimaient chaque été les Romains, papes et cardinaux y compris.
La récolte de l’écorce du quinquina vers 1730. Les mérites de l’écorce du Pérou ne s’imposèrent pas immédiatement en Europe ; il fallait trouver le bon emploi et, dans certains pays, vaincre les résistances des protestants face à une drogue papiste.
C’est un Anglais rusé et sans scrupules, Robert Talbor, qui sut vaincre les préjugés de ses contemporains. Ayant appris auprès d’un apothicaire comment doser l’écorce du Pérou pour soigner la fièvre sans provoquer d’effets secondaires calamiteux, il proposa son propre remède miraculeux à la composition tenue soigneusement secrète, tout en dénigrant méthodiquement le remède des papistes. Il soigna avec succès le roi Charles II d’Angleterre moyennant des sommes mirobolantes. Il alla ensuite à la cour de Louis XIV soigner le roi, le dauphin et nombre de princes, toujours avec le même succès. À sa mort, on apprit que l’ingrédient principal de sa potion miraculeuse était l’écorce de quinquina.
Malgré les succès de l’écorce de quinquina dans la lutte contre le paludisme, l’arbre demeurait toujours inconnu des botanistes européens.
En 1735, Charles Marie de la Condamine participe à une expédition scientifique au Pérou pour mesurer un arc de méridien d’un degré à proximité de l’Équateur. Il est accompagné du botaniste Joseph de Jussieu qui découvre dans la province de Loja des quinquinas et en fait une description précise. Mais c’est la description de La Condamine qui parvint la première en France et qui fit autorité.
Charles Marie de La Condamine. C’est donc uniquement sur la base des observations de La Condamine, que Carl von Linné créa le genre nouveau Cinchona et la nouvelle espèce pour le quinquina, quinze ans plus tard, en 1753, dans Species Plantarum, en donnant foi à l’histoire fallacieuse de la comtesse de Chinchón.
Des expéditions botaniques furent aussi menées par les Espagnols au Pérou et en Nouvelle-Grenade (Colombie et Venezuela actuels). Le botaniste Hipólito Ruiz López tira en 1792 de ses explorations du Pérou un opuscule dans lequel il distinguait sept espèces de quinquina. Enfin, José Celestino Mutis explora les forêts de la Nouvelle-Grenade et, avec son équipe, il accumula des centaines d’illustrations et de descriptions botaniques sans jamais rien publier.
Un siècle plus tard, le botaniste Hugh Algernon Weddell, d’origine anglaise mais ayant étudié et travaillé au Muséum national d’histoire naturelle de France, effectua durant plus de cinq ans une mission d’étude des quinquinas en Amérique du Sud (de 1843 à 1848). Il tenta de mettre un peu d’ordre dans la classification léguée par les Espagnols et distingua 19 espèces dont le fameux Cinchona calisaya, le plus riche en quinine, qui allait être cultivé à grande échelle en Asie.
La dernière révision du genre date de 1998, soit près de quatre siècles après les premières observations des jésuites ; elle est l’œuvre de Lennart Andersson.
La découverte du Paracétamol
L’usage d’antipyrétiques remonte à l’Antiquité. Il s’agissait alors de préparations à partir de composés naturels d’écorces de cinchona dont dérive la quinine, ou d’écorce de saule, soit du salicylate dont dérive l’aspirine. Ce genre de principe actif est aujourd’hui fabriqué en laboratoire par synthèse chimique et non plus extrait directement de substances naturelles.
En 1861, Schuchardt avait découvert les propriétés antipyrétiques de l’aniline, substance servant à la production d’acétanilide. Mais du fait d’effets toxiques prononcés, l’aniline n’eut alors pas d’utilisation en thérapeutique. Ses propriétés antalgiques furent découvertes plus tard. L’acétanilide est en effet l’ancêtre de la phénacétine et du paracétamol.
Ainsi, Harmon Northrop Morse synthétisa dès 1878 une substance baptisée acétylaminophénol, sans toutefois lui attribuer une quelconque propriété médicale, et c’est seulement presque quatre-vingts ans plus tard qu’elle fut commercialisée comme médicament sous le nom de paracétamol.
En 1886, le professeur Adolf Kussmaul, de l’université de Strasbourg, étudie l’effet antiparasitaire du naphtalène. Ses deux jeunes assistants, Arnold Cahn et Paul Hepp, à court de produit pour leurs expériences, décident de se ravitailler auprès d’un pharmacien de la ville, qui leur fournit par erreur de l’acétanilide. En reprenant leur étude, ils sont intrigués par les effets antipyrétiques qu’ils obtiennent avec ce produit. C’est donc grâce à une erreur providentielle que les propriétés de l’acétanilide contre la fièvre sont découvertes.
En 1893, un médecin allemand, Joseph von Mering compara l’efficacité et la toxicité de ces deux molécules. Selon lui, le paracétamol était beaucoup plus toxique pour le rein que la phénacétine, ce qui ramena le paracétamol aux oubliettes. Or, dans les années cinquante, on observa une augmentation importante de cas d’insuffisance rénale chronique chez les utilisateurs réguliers de phénacétine. Après cela, les recherches reprirent et notamment sur le paracétamol. Ses propriétés antalgiques et antipyrétiques sont confirmées ainsi que sa bonne tolérance pour le rein. La phénacétine est retiré du marché, le paracétamol obtient son autorisation de mise sur le marché en 1955. Cet oubli pendant un demi-siècle s’explique par l’erreur du médecin qui compara l’efficacité des deux molécules en 1893 et par le fait qu’à cette époque les essais cliniques étaient inexistants. Aujourd’hui, grâce à la systématisation des essais cliniques à grande échelle, qui permettent de mettre en évidence les effets indésirables des médicaments, la phénacétine, toxique pour le rein, n’aurait jamais eu l’autorisation pour être commercialisée !
Curcuma
Le curcuma (Curcuma longa) est une espèce de plantes herbacées rhizomateuses vivaces du genre Curcumaeae originaire du sud ou sud-est asiatique. De ses rhizomes, réduits en poudre, est extraite l’épice homonyme de couleur jaune (curry). Le curcuma, ingrédient principal des carry ou curry, est particulièrement présent dans la vie socioculturelle du sous-continent indien, où il est considéré comme une plante exceptionnelle au regard de ses nombreuses propriétés épice, conservateur de nourriture, agent colorant, cosmétique et médicina. Répandu dans le Sud-Est de l’Asie depuis l’Antiquité, le curcuma fait l’objet de nombreuses études scientifiques dans le monde entier, afin de mieux connaître ses propriétés alimentaires et médicales Le curcuma représente également un enjeu économique pour l’Inde, son premier producteur mondial, ainsi que pour de nombreux autres pays producteurs. On le retrouve dans les comprimés à croquer Billerol utilisé dans le traitement des troubles dyspeptiques et les troubles fonctionnels intestinaux.
Ispaghul/Psyllium
L’Ispaghul, également connu sous le nom de Psyllium, est une plante herbacée de la famille des Plantaginaceae. Il est originaire des régions arides et semi-arides de l’Inde et de l’Iran. Apprécié pour ses propriétés laxatives et ses diverses utilisations en phytothérapie et nutrition, l’Ispaghul est une plante aux multiples vertus. Découvrez ses origines, ses utilisations variées et ses bienfaits remarquables. L’Ispaghul est originaire des régions arides et semi-arides de l’Inde et de l’Iran. Il pousse naturellement dans les sols sablonneux et bien drainés, et est largement cultivé pour ses graines riches en fibres. Elle est principalement reconnu pour ses propriétés laxatives, régulatrices du transit intestinal et hypocholestérolémiantes. En phytothérapie et nutrition, elle est utilisé pour traiter la constipation, améliorer la digestion et réduire le cholestérol sanguin. Les propriétés laxatives de l’Ispaghul aident à augmenter le volume des selles et à stimuler le péristaltisme intestinal, facilitant ainsi l’évacuation des selles. Il est souvent utilisé pour traiter la constipation chronique et aiguë. Les propriétés régulatrices du transit intestinal de la plante aident à normaliser la fréquence des selles et à prévenir la diarrhée. Il est utilisé pour traiter les troubles du transit intestinal, tels que le syndrome de l’intestin irritable (SII). Les propriétés hypocholestérolémiantes de cette plante aident à réduire le taux de cholestérol sanguin en liant les acides biliaires et en favorisant leur excrétion. Il est utilisé pour prévenir les maladies cardiovasculaires.
Laurier sauce
Laurus nobilis, Laurier noble, le Laurier vrai, Laurier-sauce ou simplement Laurier, est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Lauracées. C’est un arbuste à feuillage persistant originaire du bassin méditerranéen. Il est parfois appelé Laurier d’Apollon. En tant que plante aromatique, Laurus nobilis a été utilisée comme plante médicinale traditionnelle, notamment contre les maladies fébriles et le « mauvais air » (anti miasmatique). Les feuilles de laurier figuraient parmi la composition de plantes contenues dans le masque à bec des médecins de peste, le thym, le romarin… Les feuilles et les fruits ont des propriétés stomachiques, carminatifs, antiseptiques et stimulants et l’huile extraite des baies est utilisée en usage externe contre les rhumatismes et entrent dans la composition d’onguents et du fameux savon d’Alep. Les principes actifs reconnus les plus importants sont des monoterpènes (comme l’eucalyptol), le limonène, et l’α-pinene qui ont des propriétés antioxydantes, antimicrobiennes et antifongiques). De nombreux métabolites secondaires du laurier-sauce ont des effets répulsifs sur les arthropodes. En huile essentiel, fumigation ou autres extraits, L. nobilis exerce une action répulsive contre Ephestia kuehniella, Rhyzopertha dominica, Tribolium castaneum qui infestent les stocks de céréales ; de même contre Varroa destructor qui parasite les abeilles. Au Maroc, en Algérie et en Tunisie, on frictionne les chevaux avec des feuilles fraîches afin d’en éloigner les mouches. On utilise également la feuille broyée en poudre pour lutter contre les fortes migraines : la poudre est alors prisée. Les feuilles du laurier-sauce contiennent du benzaldéhyde, de la pipéridine et du geraniol à une concentration de 50 ppm ; ces molécules sont toutes trois connues pour leurs qualités de répulsion des insectes. Cependant, elles sont sans effets sur leurs propres parasites (comme le Trizoza alacris (insecte qui transmet la galle botanique)) et les prédateurs de ces parasites (comme Antocoris nemoralis). Il existe un important travail de recherches sur L. nobilis qui intéresse les industries agroalimentaire, pharmaceutique et cosmétique. Ce domaine reste toutefois à clarifier car il présente encore beaucoup d’inconnues (bases moléculaires de la production d’arômes par la plante, mode d’action, toxicité, mode d’utilisation…).
Lavande
Les lavandes (Lavandula) sont un genre de plante à fleurs de la famille des Lamiaceae, anciennement nommées Labiées. Ce sont des arbrisseaux dicotylédones, à fleur le plus souvent mauves ou violettes disposées en épis, dont la plupart des espèces très odorantes, sont largement utilisées dans toutes les branches de la parfumerie, en particulier le lavandin. Elles poussent surtout sur les sols calcaires secs et ensoleillés, à l’exception de Lavandula stoechas, qui préfère les sols siliceux. Toutes les lavandes sont des plantes mellifères, c’est-à-dire très recherchées par les abeilles. L’essence de lavande contient des composants différents selon les espèces, et on y trouve le plus souvent de l’acétate de linalyle, du linalol, du cinéol, du béta-caryophyllène, du β-ocimène, de l’acétate de lavandulyle, du terpinen-4-ol, du β-ocimène, du β-farnésène et du borneol. C’est par ces molécules que la lavande possède des propriétés anxiolytiques, cicatrisantes et antiseptiques. On retrouve principalement de la lavande dans les médicaments anti-anxiolytique comme le LASEAXAN.
Menthe poivrée
Comme à toutes les menthes, la tradition attribue à la menthe poivrée des propriétés aromatiques, toniques, stomachiques et des propriétés digestives (combattre les lourdeurs, les ballonnements, les gaz).
Les feuilles de la plante fraîches ou sèches sont utilisées en infusion (de 6 à 9 g/jour). L’huile essentielle extraite de la plante par hydrodistillation est utilisée en usage interne (0,6 à 1,8 ml/jour).
Au début du XIXe siècle, « elle est regardée comme apéritive, désobstruant, diurétique… On l’emploie aussi comme stomachique, résolutive, emménagogue, et surtout comme antispasmodique.
La plante est utilisée en France, par voie orale (en infusion), dans :
- - le traitement symptomatique de troubles digestifs (ballonnement, lenteur à la digestion, etc.), y compris ceux qui sont attribués à une origine hépatique ;
- - le traitement adjuvant des douleurs liées aux troubles fonctionnels digestifs ;
- - pour faciliter les fonctions d’élimination urinaire et digestive.
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En usage local, les médicaments à base de menthe sont utilisés (de fait ce sont généralement des produits à base d’huile essentielle) : - - en cas de prurit, comme adoucissant et comme protecteur (ex. : crevasses, piqûres d’insectes) ;
- - en cas de nez bouché, de rhume ;
- - pour l’hygiène buccale, en bain de bouche
- - comme antalgique dans les affections buccales ou pharyngées (collutoire, pastilles).
- - comme analgésique pour lutter contre les maux de tête.
La Commission Européenne précise qu’en Allemagne la menthe poivrée est utilisée en cas de spasmes de la région gastro-intestinale, de la vésicule et des voies biliaires. Autres utilisations possibles par voie externe de l’huile essentielle : soulager les maux de tête (EMEA), migraines et sinusites, les démangeaisons cutanées, les algies rhumatismales et musculaires (usage reconnu en Allemagne) (se renseigner auprès d’un aromathérapeute, médecin ou pharmacien par précaution car c’est une substance très active). On la retrouve dans des médicaments comme le COLPERMIN prescrit pour le soulagement symptomatique des spasmes mineurs des voies gastro-intestinales, des flatulences et des douleurs abdominales, en particulier chez les patients qui présentent un syndrome du côlon irritable.
Ményanthe trefle d’eau
Le Trèfle d’eau ou Ményanthe trèfle d’eau (Menyanthes trifoliata) est une plante herbacée vivace semi-aquatique de la famille des Ményanthacées. Elle est monotypique dans son genre C’est une plante stolonifère, aux feuilles à trois folioles entières, émergées, longuement pétiolées, aux fleurs en grappes lâches, à 5 pétales en étoile, à la face dorsale rosée, interne blanchâtre bordée de longs poils blancs. C’est une plante commune dans toute l’Europe, des eaux peu profondes et des marais, en dessous de 1 800 m d’altitude, en Asie et en Amérique du Nord. Elle n’a aucun rapport botanique avec les autres trèfles, plantes de la famille des Fabacées. C’est en 1931 qu’un vétérinaire américain observe un nombre élevé de décès par hémorragie chez les vache ayant ingéré du trèfle moisi. Lors du moisissement du trèfle une molécule, la dicoumarol se forme. Cette molécule est un dérivé du coumarol que l’on retrouve dans la fabrication de mort au rat. Le coumarol est utilisé comme anti vitamine K (avk) pour soigner les thromboses (coagulation excessive du sang dans les veines/artères) Associé avec de l’héparine des médicaments anticoagulant voient le jour comme le Sintrom
Ortie dioïque
L’ortie, est empiriquement utilisée depuis des millénaires, en médecine traditionnelle humaine et vétérinaire, contre de nombreuses pathologies. En occident, depuis l’antiquité au moins, cette ortie est couramment consommée comme aliment (à Rome par exemple, tout comme le lamier blanc, mais est aussi une plante médicinale, notamment considérée comme un puissant hémostatique (pour stopper les saignements). En Grèce au Ier siècle, Dioscoride prescrivait l’utilisation de feuilles fraiches pour les métrorragies (saignement de l’utérus hors période menstruelle), les blessures infectées ; « il considérait les graines comme aphrodisiaques et expectorantes, et les feuilles comme diurétiques, laxatives, emménagogues. Une décoction d’ortie et de raisins secs dans du vin donnait, selon lui, d’excellents résultats. Mélangées dans du miel, les mêmes graines sont pectorales. Il conseillait aussi les cataplasmes de feuilles écrasées contre les « morsures rabiques », les plaies gangréneuses, les ulcères, les suppurations, l’aménorrhée. Il utilisait déjà son suc contre les saignements de nez. Pline (Ier siècle) recommandait l’Ortie pour ses propriétés hémostatiques. Galien, un siècle plus tard, lui attribue les mêmes vertus médicinales. Au XIIe siècle, Sainte Hildegarde (1098-1179) recommandait l’utilisation de graines d’Ortie pour traiter les douleurs d’estomac. ». Les médecins médiévaux la prescrivaient contre l’angine, les crachements ensanglantés, les maladies de la rate ainsi que les maux de tête. Des graines soulageaient les maladies des reins et de poitrine et son suc (frais) les douleurs articulaires et les plaies enflammées et encore la racine contre les tumeurs ganglionnaires et les saignements du nez. Au XVIe et XVIIe siècles, on la retrouve dans le soin contre les hémorragies et les hémoptysies. Selon Culpeper, un mélange de miel/sucre et de feuilles, en gargarisme soigne les maux de bouche et de gorge ; et avec des feuilles et racines d’Ortie bouillies, les poumons encombrés sont soulagés. Il recommande aussi le jus d’Ortie pour le lavage antiseptique des plaies et infections de la peau. Bock et Matthiolus quant à eux prescrivaient les feuilles comme diurétique, aphrodisiaque, anti-hémorragique, cicatrisant des plaies et dans le traitement des maladies rénales. Au XVIIIe siècle, Chonel la considérait comme « l’un des plus assurés remèdes pour le crachement de sang, et pour les hémorragies ». Elle était reconnue pour ses propriétés astringentes, antidiarrhéiques, antidiabétiques et dépuratives. Jusqu’au XIXe siècle, on considérait que les flagellations (ou urtication) du corps avec une botte d’ortie permettait de lutter efficacement contre les douleurs rhumatismales, d’induire un effet vasoconstricteur ou de lutter contre la léthargie, le coma, la paralysie, ou encore contre la typhoïde ou le choléra. Au XIXe siècle, on l’inscrit au Codex de la Pharmacopée française en 1818 où elle est encore présente. Au XXe siècle l’effet vasoconstricteur du suc de la plante est confirmé en cas de métrorragies et épistaxis, et en 1924, M. Dobreff découvre dans la grande ortie une « sécrétine » analogue à celle de l’épinard puis Wasiscky, de 1929 à 1932, confirme l’efficacité de l’ortie contre certains types de diabète, et la pertinence de beaucoup d’usages traditionnels de la Grande ortie seront confirmés, dont par de nombreuses études de phytochimie montrant que ses teneurs en polyphénols, flavonoïdes, quercétine, le kaempférol et rutine principalement, ont effectivement des propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires. La quercétine a aussi montré un effet contre certains cancers et tumeurs (mammaires) chez le rat de laboratoire et contre l’hyperplasie ("Hypertrophie bénigne de la prostate") de la prostate expérimentalement induite chez la souris ou le cancer de la prostate. Et la rutine, outre des propriétés anticancéreuses, atténuerait les effets du mauvais cholestérol. En outre, si la feuille (mais pas la graine) est relativement pauvre en lipides (0,7 à 2 % en poids frais), son taux de vitamines, protéines (4,3 à 8,9 % du poids de la feuille fraiche, et bien plus pour la feuille sèche réduite en poudre) ; cette plante est particulièrement riche en calcium, magnésium, potassium, silicium et fer). Ces caractéristiques confèrent à cette plante une haute valeur nutritionnelle (57 à 99,7 Kcal/100 g de feuilles fraiches), pour un taux de glucides allant de 7,1 à 16,5 % des feuilles fraiches, et une capacité reminéralisante utile en cas d’arthrose et d’ostéoporose et de renforcement du système immunitaire, contre les infections bactériennes et virales. De plus, étant à la fois riche en vitamine C et en fer, elle augmente la biodisponibilité du fer, ce qui la rend doublement intéressante contre l’anémie. Les actions pharmacologiques finalement reconnues à la Grande ortie sont : antiproliférative, anti-inflammatoire, anti-oxydante, analgésique, anti-ulcéreuse, immunostimulante, anti-infectieuse, hypotensive et protectrice vis-à-vis des maladies cardiovasculaires. La plupart de ses indications revendiquées en médecine traditionnelle ont été confirmées, et de nouvelles propriétés ont été rajoutées. Elle est aussi antidiabétique, surtout via un extrait aqueux. Son activité antibactérienne est démontrée contre E. coli, S. aureus, Bacillus et P. aeruginosa, mais uniquement pour des extraits éthanolïque et méthanoliques de la plante.
Les pommiers (Malus)
Le pommier est un genre de plantes à fleurs de la famille des Rosacées. Ce genre comprend une quarantaine d’espèces d’arbres ou d’arbustes dont la plus importante, sur le plan de l’alimentation humaine, est le pommier domestique dont le fruit est la pomme. On connaît aujourd’hui plus de 20 000 variétés sous-espèces et cultivars.
L’écorce de cet arbre contient une molécule s’appelant la phloridzine d’abord étudié dans l’optique de l’utiliser dans des traitements de la fonction rénale. Cependant, le destin thérapeutique de la phloridzine dont le potentiel dans le traitement du diabète par l’inhibition de la réabsorption du glucose filtré était d’autant plus prometteur que sa toxicité était faible et qu’elle n’augmentait pas le risque d’hypoglycémie.
On retrouve cette molécule dans le médicament Forxiga prescrit dans le traitement du diabète de type 2.
Giroflier
Le Giroflier ou Girofle (Syzygium aromaticum) est une espèce de plantes à fleurs de la famille "Famille (biologie)" des Myrtaceae et du genre Syzygium. Les girofliers sont des arbres originaires d’Indonésie dont les boutons floraux forment une épice appelée clous de girofle. Le clou de girofle (ou plus exactement son huile) est utilisé par les dentistes. Selon une étude récente (2017) conduite sur le rat de laboratoire, cette huile pourrait aussi atténuer certains effets délétères sur le cerveau d’une coexposition au plomb facteur de saturnisme et au manganèse en période de gestation et de lactation. Le giroflier est l’une des plantes, qui à la suite d’une étude de criblage à haut débit, a été retenue comme candidate potentielle pour produire un possible médicament contre le SARS-CoV-2 (la Covid-19). Le giroflier contient l’ellagitanin tellimagrandine II, un composé ayant une activité contre le virus de l’herpès.
Saule
Le saule Salix est un genre de plantes à fleurs de la famille des Salicacées. Il comprend 360 espèces environ, réparties à travers le monde, principalement dans les zones fraîches et humides des régions tempérées et froides de l’hémisphère nord. Ce sont des arbres, des arbustes ou des arbrisseaux.
l’aspirine :
Tout débute avec l’écorce de saule, ses vertus curatives sont connues au moins depuis l’Antiquité. On a trouvé la mention de décoctions de feuilles de saule dans un papyrus égyptien dès 1550 av. J.-C. (papyrus Ebers). Le médecin grec Hippocrate conseillait déjà une préparation à partir d’écorce de saule blanc pour soulager les douleurs et les fièvres. De même, le médecin et pharmacologue grec Dioscoride (25 - 90 ap. J.-C.) en conseillait l’usage pour les douleurs auriculaires, dans sa Matière médicale (De materia medica) au premier siècle.
Faisons un bond dans le temps jusqu’en 1763, le pasteur Edward Stone présente un mémoire devant la "Royal Society of Medicine" sur l’utilisation thérapeutique de décoctions de l’écorce du saule blanc contre la fièvre malarienne. Puis 61 ans après, Bartolomeo Rigatelli (1824) utilise un extrait d’écorce de saule comme agent thérapeutique, le dénommant salino amarissimo antifebbrile (sel très amer antipyrétique). L’année suivante le pharmacien chimiste Francesco Fontana (1794-1867) isole l’acide salicylique des feuilles de saules et lui donne le nom de salicina(salicine).
C’est en 1828 que le pharmacologue allemand Johann Andreas Buchner l’extrait de l’écorce du saule. Puis en 1829, Pierre-Joseph Leroux, un pharmacien français, tente, après avoir fait bouillir de la poudre d’écorce de saule blanc dans de l’eau, de concentrer sa préparation ; il en résulte des cristaux solubles qu’il nomme salicyline. Des scientifiques allemands purifient cette substance dont un des dérivés est identifié comme la substance active et est nommé acide salicylique. Parmi les dérivés de la salicyline, d’autres médicaments de la famille des salicylacés voient le jour à cette époque.
En 1835, Carl Löwig montre que l’acide spirique, extrait de la reine-des-prés, est chimiquement identique à l’acide salicylique. À partir des extraits naturels, on isole le salicylate de sodium, qui devient alors le médicament couramment employé contre la douleur et l’inflammation. Cette préparation permet de faire tomber la fièvre et de soulager les douleurs et les rhumatismes articulaires, mais provoque de graves brûlures d’estomac. En 1839, à partir de la salicyline, l’Italien Raffaele Piria prépare l’acide salicylique, dont il préconise l’emploi comme désinfectant de la lumière intestinale, notamment dans la fièvre typhoïde
Le chimiste strasbourgeois Charles Frédéric Gerhardt effectue la synthèse de l’acide acétylsalicylique, en 1853, qu’il nomme acide acétosalicylique, et dépose un brevet. Cependant, son composé est impur et thermolabile. Le savant meurt trois ans plus tard et ses travaux tombent dans l’oubli.
En 1859, Adolph Wilhelm Hermann Kolbe réussit la synthèse totale de l’acide salicylique. Ses propriétés antipyrétiques sont mises en évidence par le Suisse Carl Buss en 1875. Utilisé largement mais surtout comme antirhumatismal dans les années 1890, il a très mauvais goût. En 1877, Germain Sée propose le salicylate de soude comme antipyrétique. Marceli Nencki prépare à partir de 1880 un dérivé de l’acide salicylique et du phénol appelé _Salol,_ qui, sans présenter de propriétés pharmacologiques supérieures aux médicaments alors existants, a toutefois un goût plus agréable. Ce produit fait l’objet d’un engouement populaire.
Felix Hoffmann, chimiste allemand ayant obtenu un doctorat en pharmacie à Munich en 1890, puis un doctorat en chimie le 22 juin 1893, entre en tant qu’assistant de laboratoire au service des laboratoires Bayer à Elberfeld en 1894. Le 10 août 1897 à Leverkusen, reprenant sous la direction d’Arthur Eichengrün les travaux antérieurs de Gerhardt, il trouve le moyen de synthétiser l’acide acétylsalicylique sous une forme stable utilisable pour des applications médicales. Il transmet ses résultats à son patron Heinrich Dreser, le responsable du département pharmaceutique et chimique chez Bayer depuis 1896. Ce dernier teste le produit sur le cœur de grenouille et n’obtient aucun résultat probant. Hoffmann est persuadé de l’intérêt de la molécule. il donne le médicament à des amis médecins et dentistes, qui le testent avec succès sur leurs patients pendant deux ans : les tests révèlent un effet antalgique et moins toxique pour l’estomac que le salicylate de sodium, lorsque Hoffmann a acétylé l’acide salicylique pour produire de l’acide acétylsalicylique.
Commence alors la production industrielle du médicament de l’acide acétylsalicylique par Bayer, qui met au point une nouvelle voie de synthèse de la molécule, et observe que l’acétylation de la molécule rend celle-ci moins irritante pour le tube digestif. Le brevet et la marque de l’Aspirine sont déposés le 6 mars 1899 par la société Bayer sous la dénomination d’_Aspirin
C’est le Dr Kurt Witthauer, qui publie les résultats du premier essai clinique de l’Aspirine en avril 1899. Initialement, l’_Aspirin_ est disponible sous forme de poudre dans les pharmacies : de petits sacs en papier sont remplis de 500 mg de poudre chacun et remis au patient. Dès l’année suivante, le comprimé _Aspirin_ contenant 500 mg d’acide acétylsalicylique est lancé, ce qui en fait l’une des premières préparations sous forme de comprimé au monde. La préparation arrive en France en 1908 et est commercialisée par la Société chimique des usines du Rhône.
En 1949, le supérieur hiérarchique direct d’Hoffmann, Arthur Eichengrün, publie un article revendiquant la paternité de la découverte. Cette revendication est ignorée par les historiens des sciences jusqu’en 1999, date à laquelle les recherches de Walter Sneader de l’université de Strathclyde Glasgow, concluent que c’est bien Eichengrün qui a eu l’idée de synthétiser l’acide acétylsalicylique. Bayer, dans un communiqué de presse, réfute cette théorie, mais la controverse reste ouverte.
Le mécanisme d’action de la molécule n’est élucidé que bien plus tard. En 1971, John Vane et Priscilla Piper découvrent l’action inhibitrice de l’Aspirine sur les prostaglandines. Vane et les biochimistes suédois Bengt Samuelsson et Sune Karl Bergström sont récompensés par le prix Nobel de médecine en 1982 pour cette découverte. La cible précise de la molécule, la cyclooxygénase, a été isolée en 1976.
Ce n’est qu’en 1967 que les propriétés antiagrégantes plaquettaires de l’acide acétylsalicylique ont été mises en évidence. La première étude clinique démontrant une efficacité dans les maladies cardiovasculaires date de 1978.
Sarriette des montagnes
Satureja montana, la sarriette des montagnes, sariette d’hiver ou sarriette vivace, est une espèce de plante à fleurs de la famille des Lamiaceae. C’est un sous-arbrisseau trouvée en Europe et en Asie Occidentale. C’est aussi une plante condimentaire aromatique et médicinale. Elle a pour qualité d’être antibiotique, antiseptique et stimulante.
Spiruline
Spiruline est un nom vernaculaire ambigu en français, pouvant désigner plusieurs espèces différentes de cyanobactéries filamenteuses originaires des eaux chaudes peu profondes et saumâtres de la ceinture intertropicale. Le plus souvent toutefois, en disant « spiruline » les francophones font référence au complément alimentaire produit majoritairement à base d’Arthrospira platensis et d’Arthrospira maxima. Le genre Spirulina existe toujours, mais englobe d’autres cyanobactéries, assez éloignées du point de vue taxinomique et sans valeur alimentaire pour les humains. Souvent prescript pour lutter contre des carences notamment en alternative pour des protéines non animal. La spiruline est riche en acides gras essentiels, en caroténoïdes, en acides aminés essentiels, en fer, en calcium, en magnésium et en vitamines A, B et E.
Thym
En aromate ou en infusion, c’est un désinfectant des voies digestives souvent utilisé en association avec le romarin et la sauge. Le thym soulage les digestions difficiles. L’infusion de thym peut s’utiliser en bain de bouche en cas d’inflammation des gencives et en gargarisme en cas d’irritation de la gorge ou d’angine. Mais surtout le thym ou des préparations contenant du thym s’utilisent en fumigation pour traiter les rhinites et les sinusites. La Commission E (un conseil consultatif scientifique Allemand) le conseille contre les inflammations de la gorge et des sinus paranasaux, et contre les symptômes de la bronchite et de la coqueluche. Le thym peut aussi être utilisé contre les crises de foie et les maladies du foie.
Primevere
Primula est un genre de fleurs de la famille des Primulacées, nommées vernaculairement les primevères en français. Ce genre, auquel sont désormais rattachés Cortusa, Dionysia et Dodecatheon, comprend 433 espèces réunies en 6 sous-genres et 37 sections, originaires pour l’essentiel d’entre-elles des zones tempérées de l’hémisphère Nord. Les primevères sauvages, Primula elatior et Primula veris, dont les fleurs retombantes se présentent en ombelle au sommet d’une longue tige, sont également connues sous le nom de coucous. Les feuilles (propriétés anti-ecchymotiques), les fleurs séchées et les racines de la primevère officinale (vertus adoucissantes et calmantes : antispasmodique, sédatif, analgésique) entrent dans la composition de mélanges médicinaux (notamment les mélanges pectoraux en raison de leurs propriétés expectorantes).