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Contre-indication

Contre-indication

Introduction

Les médicaments deviennent de plus en plus complexe et il est courant de constater des effets secondaires indésirables. À ça s’ajoute les possibles mésusages entrainant ces effets néfastes pour la santé. Dans ces exemples vous verrez comment le médicament devient poison inversant complétement sa nature.

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Le thalidomide c’est quoi ?

Le thalidomide est un médicament utilisé durant les années 1950 et 1960 comme anti-nauséeux chez les femmes enceintes, et comme sédatif. Il a été découvert qu’il est à l’origine de graves malformations congénitales. Ces effets tératogènes sont dans un premier temps occultés ou niés, notamment par le fabricant Grünenthal GmbH. Dans un deuxième temps, ils font l’objet d’un scandale sanitaire qui aboutit au retrait du médicament du marché mondial à partir de 1961. Aujourd’hui, le thalidomide est utilisé de façon extrêmement contrôlée pour ses propriétés immunomodulatrices et antitumorales. Il est testé dans des essais cliniques pour son efficacité possible sur le traitement de la lèpre, dans le traitement de certaines inflammations, pour la maladie de Crohn, pour certains myélomes multiples avancés et quelques autres cancers spécifiques, pour lesquels ses effets tératogènes peuvent être utiles dans le traitement des patients, mais conservent leur dangerosité pour le corps humain (augmentation de la formation de caillots sanguins et donc des problèmes cardiaques, notamment).

L’Histoire de ce médicament

Synthétisé en Allemagne de l’Ouest par la firme pharmaceutique suisse Ciba en 1953, le thalidomide est repris par l’entreprise pharmaceutique allemande Grünenthal GmbH en 1954 et mis sur le marché en 1957. De 1957 à 1961, le laboratoire commercialise le thalidomide, prescrit presque partout dans le monde, pour ses effets contre les nausées chez les femmes enceintes. Alors que des documents sont demandés par l’agence de contrôle des médicaments américaine, afin de permettre sa commercialisation aux États-Unis, les médicaments contenant du thalidomide sont immédiatement retirés du marché. En quatre ans d’utilisation, on compte plus de 20 000 victimes dans le monde, dont 3 000 en Allemagne. Au début des années 2000, la moitié des personnes affectées sont encore en vie, mais elles sont porteuses de handicaps moteurs lourds, occasionnés par les médicaments. Des études qui sont toujours en cours laissent penser que la molécule pourrait troubler le développement du fœtus par l’inhibition de la transcription de l’ADN. De plus ces effets sur l’ADN seraient transmissible à la descendance. Cette tragédie a eu un effet accélérateur important dans la mise en place de normes plus strictes de sécurité sanitaire pour la mise sur le marché des médicaments et des produits phytosanitaires, comme les pesticides. Ce scandale a été un déterminant de la création du centre mondial de pharmacovigilance, aujourd’hui basé à Uppsala en Suède.

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Mediator 150 mg : combien de morts ?, Brest, éd. Dialogues, coll. « Ouvertures », 3 juin 2010, 148 p.

Le Médiator c’est quoi ?

L’affaire du Mediator est une affaire sanitaire et judiciaire concernant les personnes victimes de la prise de benfluorex, commercialisé sous le nom de Mediator par les laboratoires Servier de 1976 à 2009. Le Mediator est accusé d’avoir causé la mort de 1 500 à 2 100 personnes en France, sans compter celles qui souffrent des conséquences des effets secondaires.

Contexte de l’affaire

L’affaire éclate en juin 2010, lorsqu’est publié chez l’éditeur Dialogues le livre Mediator 150 mg : combien de morts ? de la pneumologue Irène Frachon (centre hospitalier universitaire de Brest) : elle devient ainsi lanceuse d’alerte sur ce scandale de santé publique qui touche des milliers de victimes ; celles-ci se porteront parties civiles lors des procès. Le livre retrace sa lutte pour révéler au grand jour et dénoncer l’indication fallacieuse, la nature amphétaminique cachée et les risques pourtant déjà connus de ce médicament commercialisé par les laboratoires Servier, et dénoncés en vain par la revue Prescrire depuis 1997. Deux jours plus tard, quatre plaintes sont déposées contre les laboratoires Servier, après le retrait du Mediator, survenu en 2009. La famille d’un patient décédé et un autre patient souffrant de valvulopathie cardiaque ont déposé plainte contre X au tribunal de grande instance de Nanterre pour « tromperie aggravée sur la nature, la qualité substantielle et la composition du produit », « mise en danger de la vie d’autrui », « administration de substance nuisible » et « homicide involontaire ». La plainte est déposée auprès du parquet de Nanterre, car le siège social des laboratoires Servier se trouve dans les Hauts-de-Seine. Elle va être instruite par le pôle de santé publique du TGI de Paris. La Fédération nationale de la mutualité française, représentée par Patrick Maisonneuve, dépose plainte également.

Quatorze prévenus et onze personnes morales sont renvoyés en correctionnelle en septembre 2017 et le procès s’ouvre deux ans plus tard. Parmi les personnes morales, les laboratoires Servier sont accusés de « tromperie aggravée, escroquerie, blessures et homicides involontaires par violation délibérée, et trafic d’influence » et l’Agence nationale de sécurité du médicament de « blessures et homicides involontaires par négligence ». Les laboratoires Servier sont condamnés à indemniser l’ensemble des victimes déclarées à hauteur de 180 millions d’euros environ. Accusés d’avoir provoqué de graves lésions cardiovasculaires aux patients ayant été prescrit du médiator, les laboratoires Servier sont condamnés en appel, en décembre 2023, pour "tromperie aggravée" et "homicides et blessures involontaires" à 8,75 millions € d’amende. Les laboratoires Servier ont également été reconnus coupables d’escroquerie et devront rembourser aux organismes sociaux et mutuelles 415 millions d’euros.

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L’Ozempic un médicament contemporain

C’est un médicament permettant de contrôler la glycémie et faire perdre du poids, chez les patients atteints d’un diabète de type 2. Le détournement de ce traitement par des personnes voulant perdre du poids cause des difficultés d’accès aux diabétiques. Face à cela, l’ANSM annonce qu’une « surveillance renforcée a été mise en place pour s’assurer que les prescriptions respectent ce cadre d’utilisation ».

Mésusage de l’Ozempic

« Après une première alerte en mars 2023, de nouvelles données de l’Assurance maladie confirment la persistance de l’usage détourné d’Ozempic (sémaglutide) », insiste l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) dans un communiqué publié le 31/07/2023 Le mésusage de ce médicament est en hausse : « la part de patients considérés comme en mésusage parmi ceux ayant perçu un remboursement d’Ozempic est passée de 0,7 % en mai 2022, 1 % en septembre 2022 à 1,4 % fin mai 2023. »


Le phénomène touche également le Royaume-Uni. Environ 400 000 patients souffrant de diabète de type 2 sont dans une situation critique, alors que la demande de médicaments vitaux contre le diabète dépasse l’offre disponible. Certaines cliniques privées délivrent des ordonnances de ce médicament à des personnes suivant des régimes amaigrissants, contournant ainsi les directives du gouvernement. Des célébrités en utilise pour maigrir, ce qui a alimenté une forte demande pour ce médicament à des fins de perte de poids. En conséquence, une pénurie s’est installée, obligeant les autorités sanitaires à rationner les prescriptions.


L’Agence de réglementation des médicaments et des produits de santé (MHRA) a émis une alerte de sécurité, interdisant aux médecins et pharmaciens de prescrire l’Ozempic uniquement pour des raisons de perte de poids. Cependant, certaines pharmacies en ligne continuent de proposer le médicament à ces fins non approuvées. Bien que ces pratiques ne semblent pas enfreindre la loi, des professionnels de santé ont critiqué cette exploitation éthiquement douteuse de médicaments essentiels. Novo Nordisk, le fabricant d’Ozempic, a déclaré qu’il ne soutient pas l’utilisation non indiquée ou abusive de ses médicaments. L’entreprise collabore avec les autorités sanitaires pour surveiller l’approvisionnement et informer les professionnels de la santé. Cette situation met en évidence la nécessité de contrôler strictement la distribution de médicaments vitaux et d’accorder la priorité aux patients qui en ont réellement besoin pour préserver leur santé et leur vie.

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Couverture de l’album Monster de l’artiste Future en 2014, avec le son « Codeine Crazy » il contribu a populariser la lean auprès de son public.

Un simple sirop ?

La purple drank (boisson violette) ou la lean (venant de l’anglais to lean, « se pencher ») est une concoction comportant du sirop codéïné, de l’alcool et du soda. Ce mélange est considéré comme une drogue dure avec entre autres un risque important de dépendance.

Une mode américaine

Le purple drank est devenu populaire dans la communauté hip-hop du sud des États-Unis depuis les années 2010. Plusieurs personnalités du rap sont mortes à la suite d’une overdose. Aux États-Unis, cette boisson est très appréciée dans le milieu du rap américain. Au début des années 2000, elle est considérée comme un problème de santé publique aux États-Unis où la pratique est popularisée depuis les années 1990 par des rappeurs américains.


En France, depuis 2013 environ, le purple drank est de plus en plus populaire auprès des adolescents. L’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) a détecté des « demandes suspectes de délivrance de codéinés, des cas d’abus, voire de dépendance, ainsi que des signalements avec une multiplication de cas à partir de 2015 », alertant l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). L’ordre national des pharmaciens a mis en garde contre la délivrance de ces médicaments, notamment aux adolescents. Depuis le 12 juillet 2017, à la suite d’un arrêté, les médicaments codéinés sont uniquement vendus par ordonnance. Avant cela, les médicaments à base de codéine étaient en vente libre en pharmacie d’officine en France sous forme de sirops et en comprimés, si la dose ne dépassait pas 30 mg par comprimé. Un pharmacien, par déontologie, peut de surcroît refuser la délivrance de ces médicaments s’il le juge nécessaire.

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Pilules roses est un livre de Juliette Ferry-Danini, éditions Stock, 2023.

Dixième médicament le plus vendu en France

Malgré le manque de preuve scientifique attestant de son efficacité sur les maux qu’il est sensé soigné, ce médicament fait parti des plus vendu en France. Juliette Ferry-Danini a écrit un livre s’intitulant Pilules roses. De l’ignorance en médecine. Paru aux éditions Stock, en 2023. Ce livre retrace toute la création de ce médicament en menant une enquête puisque tout le processus ce révèle être dense et flou. Finalement, il apparaît que l’inefficacité du Spasfon serait plus ou moins un secret de polichinelle chez les professionnels de santé.

Une rentabilité peu ethique

Comme montré dans le livre, beaucoup le savent très bien ou du moins s’en doutent fort, et pourtant continuent de le prescrire. Nul besoin de supposer qu’ils sont payés directement par l’industrie pharmaceutique pour ça : encore une fois, l’inertie de l’habitude couplée d’une rationalisation du type « les patientes sont habituées » ou « dans tous les cas on peut jouer sur l’effet placebo, ce qui ne fait jamais de mal », suffit à expliquer cette situation. Et justement, c’est sur ce dernier point l’utilisation des placebos en médecine que l’autrice clôture son ouvrage. Elle se prononce en effet en défaveur de leur utilisation, pour plusieurs raisons en accord à la fois avec les recommandations issues des meilleures méta-analyses sur les effets supposés de l’administration d’un placebo et sur des travaux fondamentaux en éthique du biomédical, dont elle est d’ailleurs spécialiste. Allant à l’encontre d’une idée reçue (qui semble intuitive de prime abord) souvent entendue en défense des traitements qui n’ont pas fait la preuve de leur efficacité spécifique, elle montre que non, l’administration d’un placebo n’est pas (toujours) sans danger. D’une part, il peut y avoir des effets directs de l’administration d’un placebo, notamment lorsque celui-ci est « impur » c’est-à-dire qu’il y a un principe actif, c’est juste qu’on a de bonnes raisons de penser que ce principe n’agit pas sur la pathologie que l’on veut traiter. Quant aux placebos purs (qui ne contiennent aucun principe actif), les meilleures études sur le sujet montrent que l’effet placebo a été surestimé pendant des décennies, et qu’en réalité, quand il existe, il est assez faible, trop faible pour apporter un bénéfice thérapeutique substantiel; vous ne pouvez pas guérir grâce à un placebo, mais son administration couplée à certains éléments de contexte thérapeutique peut avoir un effet sur certains de vos symptômes, comme par exemple la douleur. Mais d’autre part, il y a aussi des effets indirects : certains médicaments prescrits comme « placebo » peuvent être achetés sans ordonnance, et donc la croyance dans leur efficacité peut mener à de l’automédication, éloigner les personnes de traitements efficaces et donc diminuer leurs chances d’être soignées correctement. De plus, du point de vue éthique, administrer un placebo à un patient à son insu c’est aller contre leur consentement, puisqu’ils ne sont alors pas en mesure de prendre une décision éclairée.

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Description

Levothyrox est un médicament qui renferme une hormone thyroïdienne chimique appelée lévothyroxine sodique. Ce médicament est utilisé pour traiter une hypothyroïdie ou pour freiner la production de TSH qui est responsable de la synthèse des hormones thyroïdiennes (T4 et T3).

Chronologie de l’affaire

En 2010, un changement de formulation du médicament (la lévothyroxine restant inchangée, seuls les excipients ayant été modifiés pour des raisons de pharmacocinétique) a provoqué une forte augmentation des signalements d’effets secondaires et une polémique largement relayée par la presse en Nouvelle-Zélande où on a soupçonné que le médicament était fabriqué en Inde et aurait contenu du glutamate de sodium.


En 2013, l’Association française des malades de la thyroïde écrit au ministre de la Santé pour dénoncer la pénurie de Levothyrox, seul produit disponible en quantité en France. L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a reconnu des difficultés d’approvisionnement, prévoyant de s’en procurer à l’étranger si nécessaire.


En décembre 2014, à la suite d’un changement de formulation de la L-Thyroxine en Belgique, commercialisée par Takeda à partir du 1er janvier 2015, l’Institut national d’assurance maladie-invalidité (INAMI) a été obligé de demander à tous les patients de refaire un dosage hormonal (thyréostimuline).


En 2017, une étude européenne a révélé que la lévothyroxine n’apporterait pas de bénéfices lorsqu’elle est prescrite aux personnes âgées atteintes d’hypothyroïdie infraclinique.
En mars 2017, en France, à la suite de la demande de l’ANSM, le laboratoire Merck Biopharma a commencé à livrer une nouvelle formule du Levothyrox. La modification concerne les excipients afin d’améliorer la durée de la stabilité de son efficacité au cours de la journée et durant sa conservation. Le lactose monohydraté est remplacé par du mannitol et de l’acide citrique.
À partir de l’été 2017, la presse française a relayé les propos de nombreux patients se plaignant des effets secondaires du médicament. À la même époque, le « nouveau Levothyrox » fait l’objet d’une pétition demandant le retour à l’ancienne formule, signée par plus de 243 500 personnes. L’ANSM a mis en place un Numéro Vert et une foire aux questions. Plus de 300 plaintes ont été enregistrées en novembre 2017. Une partie de la communauté médicale évoque un possible effet nocebo du fait des suspicions d’effets secondaires. L’ancienne formule du Levothyrox est de nouveau mise à disposition dans les pharmacies en octobre 2017, sous le nom d’Euthyrox. Au même moment, le laboratoire Sanofi met le L-Thyroxin Henning sur le marché.


En décembre 2018, l’ANSM établit que la nouvelle formule du Lévothyrox n’a pas provoqué d’augmentation des problèmes de santé graves. Une étude est publiée en avril 2019 dans la revue Clinical Pharmacokinetics se basant sur la réanalyse des mêmes données fournies par le laboratoire Merck Biopharma à l’ANSM. Le constat est que « les deux formulations du médicament commercialisé par Merck ne sont pas substituables pour chaque individu : près de 60 % des patients pourraient ne pas réagir de la même manière aux deux versions du médicament. Les chercheurs forment l’hypothèse que le changement d’excipient, dans la nouvelle formule du Lévothyrox, puisse expliquer la situation. Le lactose de l’ancienne formule a en effet été remplacé par du mannitol et de l’acide citrique. » Merck réagit en indiquant que cette étude est basée sur l’analyse de la variabilité individuelle et non un test de bioéquivalence moyenne qui est la méthode conforme à la réglementation en vigueur. De plus, le médicament a été testé par bioéquivalence sur une population saine et n’ayant pas de pathologies cibles de l’indication.


Le 5 mars 2019, les plaignants sont déboutés, mais la cour d’appel de Lyon reconnait en juin 2020 que le laboratoire avait commis « une faute » au moment du changement de formule de son traitement et condamne Merck à verser 1 000 € à chacun des 3 300 plaignants. La Cour de cassation rejette en mars 2022 le pourvoi du groupe. À la suite de l’enquête pénale ouverte en 2018, la filiale française du laboratoire Merck est mise en examen en 2022 pour « tromperie aggravée ». Une action collective est lancée en septembre 2021, devant le tribunal de Montreuil, contre l’ANSM. Elle est menée par l’avocat Christophe Lèguevaques, déjà à l’origine d’une autre action collective contre Merck.

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Logo de l’APESAC (Association d’Aide aux Parents d’Enfants souffrant du Syndrome de l’Anti-Convulsivant)
L’usine de l'entreprise sanofi à Mourenx

Description

La DEPAKINE est un médicament antiépileptique, commercialisé par le laboratoire Sanofi Aventis France. Il s’agit d’un médicament aux propriétés anticonvulsivantes.

13 années de combat

Les familles d’enfants nés sous Dépakine se sont constituées en association, l’Apesac. En 2011, Marine Martin, lanceuse d’alerte mère de deux enfants touchés a saisi la justice. Une quinzaine d’expertises sont en cours dans le cadre de procédures au civil. Certaines ont montré un lien de causalité entre la prise du médicament et les malformations et les retards du développement chez les enfants.


En 2015, quatre familles ont déposé une plainte contre X pour « tromperie aggravée » et « blessures involontaires ». L’enquête préliminaire ouverte par le parquet de Paris de ces mêmes chefs a été confiée aux gendarmes de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (OCLAESP), spécialistes des affaires sanitaires.


En août 2016, le ministère de la Santé annonce la création d’un Fonds d’Indemnisation pour les victimes géré par l’ONIAM. En décembre 2016, l’association de victimes l’APESAC, présidée par Marine Martin lance la première « class action » française en matière de santé, en formant une action de groupe contre le laboratoire Sanofi.


Le Canard enchaîné indique en octobre 2017 que le laboratoire Sanofi « refuse de contribuer au fonds d’indemnisation des victimes ». La Cour d’appel d’Orléans condamne Sanofi au civil le 20 novembre 2017 pour la « défectuosité de son produit », et confirme la responsabilité du laboratoire, en estimant que le contrôle des autorités de santé n’annule pas sa propre responsabilité. En décembre 2017, le groupe pharmaceutique a été condamné par la cour d’appel d’Orléans à verser 2 millions d’euros à la famille d’une victime et un million à l’assurance-maladie. Sanofi a payé mais s’est pourvu en cassation.


En 2018, l’usine Sanofi de Mourenx rejette dans l’air du 2-bromoprobane (intermédiaire servant à la synthèse de la dépakine) 190 000 fois la norme autorisée. Sanofi mettra 4 mois à alerter les autorités compétentes et conclu « que les populations ne sont pas exposées à des niveaux supérieurs aux seuils fixés par la réglementation française ». Avec des rejets de « gouttelettes d’eau chargées de valproate de sodium sur les toits », en fait ce sont 13,4 tonnes/an selon le scénario « réaliste » et 20,2 tonnes/an selon le scénario « enveloppe » . La CGT, des riverains ainsi que des élus politiques demandent qu’une transparence soit faite sur ces rejets. Une procédure judiciaire instruite dans un premier temps par le procureur de la république de Pau, est confiée au pôle de santé publique du parquet du tribunal de grande instance de Paris et aboutit à l’arrêt de la production. 19 avril 2018 devant « la situation de dépassement inacceptable des normes de rejets pour plusieurs composés organiques volatils », l’État a mis en demeure la société SANOFI CHIMIE de respecter les valeurs limites d’émission de différents composés organiques volatils dont le valproate de sodium sous 3 mois sous peine de fermeture administrative. La même année, L’ANSES précisait qu’il y avait une absence de zone de seuil au-dessous de laquelle aucun risque ne serait encouru. Juillet 2018 L’Association des riverains (Arsil) dépose une plainte pour « mise en danger d’autrui et administration de substances nuisibles ». Octobre 2018, l’APESAC dépose à son tour une plainte auprès du tribunal de grande instance Paris pour « atteinte involontaire à l’intégrité de la personne » et « mise en danger d’autrui. » Entre novembre 2018 et janvier 2019, des examens sanguins sont conduits sur les salariés du site. A l‘issue des deux campagnes, 11 salariés sur 64 présentent des traces de valproate de sodium dans leur organisme alors qu’ils ne prennent pas de Dépakine.


En septembre 2019, la CGT dépose une plainte à Paris pour « mise en danger de la vie d’autrui » Début octobre 2019, l’organisme d’indemnisation à l’amiable Oniam propose 6,5 millions d’euros de dédommagement pour la responsabilité de l’État ou de celle de l’entreprise Sanofi pour 31 dossiers étant en négociation dans l’affaire alors qu’au total, 2000 demandes d’indemnisation ont été déposées.


Début 2020, Sanofi Aventis France est mis en examen pour « blessures involontaires » et « tromperie aggravée », puis en août pour « homicides involontaires ». Le 9 novembre 2020, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé est à son tour mise en examen, pour blessures et homicides involontaires par négligence.


En janvier 2022, l’entreprise poursuivie par l’association de victime APESAC dans la première action de groupe en matière de santé est jugée responsable d’un manque de vigilance et d’informations sur les risques liés à la Dépakine. Le laboratoire a « produit et commercialisé un produit défectueux », au sens où il n’offrait pas la « sécurité à laquelle on peut légitimement s’attendre ». Sanofi annonce interjeter appel.


Le 16 Mai 2023 l’ANSM informe sur une évaluation européenne du risque troubles neurodéveloppementaux chez les enfants dont le père a été traité par valproate dans les mois précédant la conception (suite à une demande conjointe de l’APESAC avec l’ANSM afin d’étudier les effets du Valproate sur le sperme de l’homme épileptique datant de 2017). Le 4 Août 2023 l’Agence annonce via un communiqué de presse la mise en place d’une information à destination des praticiens et des patients traités par Dépakine (Valproate de Sodium).Les premiers résultats de l’étude brésilienne indiquent que chez les hommes traités par Valproate dans les trois mois qui précèdent la conception entraine augmentation du risque de troubles neuro-développementaux, comme des troubles du spectre autistique chez les enfants dont le père a été traité par valproate. L’Agence européenne du médicament (EMA) a demandé aux laboratoires des analyses complémentaires pour évaluer la robustesse de ces données. En 2023, une plainte est déposée contre X par une mère de deux enfants autistes pour « mise en danger d’autrui ». Elle n’a jamais pris de Dépakine mais en a inhalé pendant plusieurs années. Ses enfants présentent des troubles similaires aux enfants exposés in-utéro à la Dépakine. 13 tonnes par an allant jusqu’à 20 tonnes de Dépakine rejetée. Cela fait suite au scandale de l’usine Mourenx en 2018 Sanofi indique à ce jour ne « pas avoir connaissance de cette procédure ».


En septembre 2024 le tribunal judiciaire de Paris condamne Sanofi dans le dossier individuel de Marine Martin, lanceuse d’alerte à lui verser 285 000 euros, jugeant ainsi une faute de vigilance et l’absence de réactivité face aux alertes. Cette décision est une première, la défectuosité avait déjà été retenue par le tribunal de Nanterre dans d’autres dossiers mais pas la faute. Cette décision est également novatrice dans la mesure où le tribunal condamne Sanofi pour le préjudice d’anxiété à verser 47 500 euros à chacun de ses enfants.

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