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L’art de formuler

L’art de formuler

Introduction

Le médicament est dans une course évolutive depuis plusieurs années. En effet, le médicament à l’image d’autre objet de nos sociétés connait un intérêt croissant. Chez le médicament cela se traduit par l’apparition de nouveaux médicaments toujours plus performants. Mais quand est-il réellement ? Si nous arrivons à soigner de plus en plus de maladie, l’art de prescrire les bons médicaments devient de plus en plus ardu. Les médicaments sont souvent pas complètement ciblé sur la cause du problème et peuvent interagir avec d’autres molécules du corps ou bien avec d’autres médicaments, on appelle ça des interactions médicamenteuses. Nous commençons à constater que les prescriptions sont de plus en plus longues posant de réelles problèmes pour le patient et devenant contre productif.

L’ère de la déprescription

Les prescriptions qui s’accumulent et qui entrainent des complications relève d'une problématique actuelle nuisant à la santé des patients. Les chercheurs du monde médicale se sont penchés sur cette problématique et on travaillé à bien la définir en relevant les tendances/habitudes des professionnels de la santé ainsi que les usages des patients. La déprescription des traitements médicamenteux comme démarche d’optimisation pour améliorer la prise en charge des patients. écrit par Jean-François Huon, Elodie Matusik, Justine Clarenne, Sara Belhadj, Elsa Jouhanneau. est un des écrits sur ce sujet. Dans cet extrait ils clarifient le terme déprescription :

« La déprescription fait partie du bon usage du médicament. Quand on parle de bon usage, c’est qu’il existe un mésusage du médicament. Il faut différencier l’underuse et l’overuse. L’underuse correspond à la situation dans laquelle des médicaments qui devraient être prescrits ne le sont pas. À l’inverse, l’overuse correspond à la surprescription d’un médicament alors qu’il ne devrait pas ou plus être prescrit (comme par exemple en l’absence d’indication). La déprescription est liée à ce pan du mésusage du médicament. La définition qu’on utilise au niveau international est celle d’Émilie Reeve à savoir
« un processus de retrait d’un médicament, soit une diminution soit un arrêt, supervisé par un professionnel de santé qui a pour objectif d’améliorer les indicateurs patient ». Il faut retenir de cette définition qu’il ne s’agit pas d’une démarche avec une seule étape, mais plutôt d’un processus multi-étapes impliquant un réel suivi et une supervision par un professionnel de santé. Si l’on prend l’exemple d’un patient qui arrête par lui-même un médicament, il ne s’agit pas d’une déprescription mais plutôt d’une difficulté d’adhésion. L’amélioration des indicateurs patient concerne tout type d’indicateurs, notamment cliniques (qualité de vie, insomnie, effets indésirables moindres…) ».

De part l'accumulation des travaux et de l'interêt pour cette problématique de plus en plus de solution sont mis en place notamment de la prévention et des politiques encourageant la déprescription. Herve Javelot docteur en pharmacie en parle aussi dans son livre Pharmacofolie où il décrit « une sorte d’âge de raison avec, notamment, la politique de la déprescription. On a été un dans un âge d’or dans les années 70 à 90. Dans l’immédiate après-guerre, il y a eu la croissance industrielle et beaucoup de médicaments développés. Aujourd’hui, on revient un petit peu de ce modèle-là. C’est notamment le cas sur les antibiotiques, mais aussi les psychotropes. À présent, on commence aussi à se poser la question de l’écologie du médicament ».

En France métropolitaine, chaque année, 212 500 personnes seraient hospitalisées à cause d’un effet indésirable médicamenteux (EIM) dans un service de médecine de court séjour. Ces EIM seraient responsables de 2 760 décès par an. Dans cette étude, 8,5% des hospitalisations non programmées en service de médecine de court séjour étaient liées à des EIM. Cette proportion était plus importante chez les sujets âgés et les femmes. Elle avait augmenté par rapport à la dernière étude comparable qui avait estimé ce taux d’hospitalisation à 3,6% en 2007.

Nombre de dèces suite à une hospitalisation pour EIM :
209 740
2760
Nombre de médicament pris par jours par les séniors(65ans+) :
Aucun
1 à 2
3 à 5
Plus de 5
Troubles liés aux substances en 2024 :
tranchesProgress
1 680 000
1 120 000 62 500

    Selon Santé Publique France, plus de 2,8 millions de personnes sont concernés par des troubles liés aux substances en 2024 :

  • Sur ces 2,8 millions de personne environ 40% développeront un syndrome de sevrage nécessitant une prise en charge médicale
  • Concernant les opioïdes l'OFDT recense 250 000 personnes sous traitement de substitution
  • 25% connaîtront au moins un épisode de sevrage dans l'année

Perspective d'amélioration

Le projet de recherche TapDep vise à tester en France une méthode de réduction des antidépresseurs déjà expérimentée aux Pays-Bas. À ce jour, l’arrêt des antidépresseurs ne peut pas être réalisé de manière progressive en raison des conditionnements disponibles, exposant les patients à un risque élevé de rechute. Les tapering strips (ou bandelettes de sevrage) proposent une nouvelle modalité de sevrage permettant une réduction graduelle et contrôlée des doses appelée « réduction hyperbolique ». Chaque tapering strip se compose de sachets quotidiens, conditionnés en rouleau de 28 jours. Chaque sachet contient une dose légèrement inférieure à la précédente de façon à suivre une décroissance hyperbolique de la posologie. Cette réduction progressive minimise le risque de syndrome de sevrage qui peut survenir lors de modifications posologiques abruptes.

Déjà disponibles aux Pays-Bas, les tapering strips ont fait l’objet d’études observationnelles qui indiquent que leur utilisation permettrait l'arrêt de l'antidépresseur sans rechute dans 71% des cas, contre 50 % en utilisant des méthodes conventionnelles.

Deux approches complémentaires

Extrait du journal le 1, Patrick Lemoine. Médecin, docteur en neurosciences, professeur associé à la faculté de médecine de pékin, il a été chef de service à l’hôpital du Vinatier à Lyon. Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont Le Mystère du placebo (Odile Jacob, 1996) et Le Mystère du nocebo (id., 2003).

Plutôt que de mépriser leurs confrères, les médecins qui ont déclaré la guerre aux médecines dites naturelles devraient s’interroger sur les raisons de leur succès. Consultations plus longues, partage des connaissances, respect de la personne en tant que tout indivisible, les homéopathes ont compris comment réunir tous les ingrédients utiles pour optimiser l’effet placebo. Ils savent comment favoriser la fabrication par l’organisme des médicaments dits endogènes; en effet, notre cerveau est une vrai usine pharmaceutique capable de tout soigner ou presque : la fièvre, la douleur, l’infection, etc. ! Si la médecine devait abandonner le terrain de la placebo-thérapie, elle précipiterait automatiquement les patients dans les bras des guérisseurs, magnétiseurs, rebouteux, sorciers, marabouts et autres charlatans. Certes ces derniers maîtrises encore mieux l’effet placebo, mais eux sont dangereux, dénués de diplômes et de formation officielle. Ne disposant pas d’examens complémentaires, ils sont incapables de poser un diagnostic correct. Du coup, en cas de maux de ventre, ils peuvent certes traiter avec succès le syndrome de l’intestin irritable, mais vont envoyer directement au cimetière les appendicites et les cancers digestifs. Les homéopathes, micro-nutritionnistes, phytothérapeuthes, acupunteurs que je connais sont en revanche d’excellents cliniciens qui prennent leur temps et ne proposent leurs soins qu’aux patients porteurs de maladies fonctionnelles (fatigue, lombalgie, dépression majeure de type léger à modéré, mal-être, insomnie, anxiété, etc.), renvoyant à la médecine classique les maladies organiques curables. En admettant que les remèdes proposés par l’homéopathie ne soient que des placebos - ce que je suis pas loin de penser -, on peut au moins leur reconnaître une parfaite innocuité. Or la condition éthique de l’utilisation d’un placebo est d’abord une totale non-toxicité et une absence d’effets secondaires. Les médecines "orthodoxes", dans la lignée quasi totalitaire de la médecine officielle chinoise, sanctionnée par un diplôme d’Etat tout ce qu’il y a de plus officiel au bout de sept années d’études. Une médicine plébiscitée par un milliard quatre cents millions de personnes serait-elle moins respectable que celle promue par l’Occident ? Sommes-nous tellement supérieurs aux Orientaux ? La Chine serait-elle un institut médico-psychologique pour enfants retardés ? Quelle arrogance ! A l’opposé, la médicine occidentale et universitaire classique, médicamenteuse, allopathique, prétend prendre en charge les maladies fonctionnelles à coups de médicaments qui n’ont pas non plus prouvé une absolue efficacité. En revanche, tous provoquent des effets secondaires. En un mot, la médecine occidentale n’a rien de valable à proposer à plus de la moitié de ses patients ! Prenons l’exemple bien documenté de la dépression majeure légère à modérée. Le réflexe quasi pavlovien des médecins devant un patient qui pleure est de prescrire un antidépresseur… Et d’attendre que ça passe ! Or, pratiquement toutes les études contrôlées le prouvent, ces médicaments utiles, voire indispensables dans les formes sévères de la maladie, échouent à faire la moindre différence avec le placebo dans la grande majorité des cas. Lorsque des préparations à base de plantes comme le millepertuis ou le safran leur sont comparées en double aveugle, ce sont ces dernières qui gagnent, d’une part parce que leur efficacité est au minimum comparable et que leur tolérance est parfaite. Les thérapies cognitives et comportementales ont la même manière montré leur supériorité sur les médicaments conventionnels. Dans cet exemple la médecine fondée sur les thérapies cognitives et comportementales est la médecine alternative ! Rappelons que les antidépresseurs ont tous une toxicité cardiaque, sont suicidogène chez les jeunes de moins de 20 ans, quasi inefficaces après 70 ans et provoquent des accidents de la circulation. Pour ma part je n’en prescris que chez les adultes sévèrement déprimés et, pour les autres, je recommande des plantes, des thérapies cognitives et comportementales, de l’hygiène des rythmes… Je pourrais encore mieux démontrer ce que j’avance en matière d’insomnie, contre laquelle les somnifères ont tous montré leur inefficacité au bout de 2 à 3 semaines et leur grande toxicité à terme (Alzheimer, syndrome d’apnées du sommeil aggravé avec risque augmenté d’infarctus, d’AVC, d’accidents de voiture et dépendance), sans oublier que l’inconscience provoquée par ces produits s’apparente plus à une anesthésie légère qu’à du sommeil. A l’inverse, la mélatonine et certaines plantes comme la valériane, l’Eschscholtzia, la passiflore, comme encore une fois, les thérapies cognitives et comportementale innocuité. La même argumentation pourrait être développée au sujet des tranquillisants dans l’anxiété. D’un point de vue scientifique, les benzodiazépines et apparentés devraient être bannis des pharmacies... Si, dans toutes les maladies que je viens d’énumérer, les médicaments classiques sont inefficaces ou plutôt sont comparables aux placebos, comme les remèdes homéopathiques, mais qu’en plus ils sont dangereux, leur usage ne peut être que préjudiciable, donc condamnable. Et là, pour le coup je suis dans le droit fil de la médecine fondée sur la preuve. Pour résumer ma pensée, la médecine conventionnelle est la seule efficace dans le domaine des maladies organiques, localisables. Prescrire autre chose que des "vrais" médicaments en cas d’infection, de cancer, de maladie cardiovasculaire, neurologique dégénérative, auto-immune... est parfaitement blâmable et condamnable. En revanche, cette même médecine est inefficace et toxique en cas de la maladie fonctionnelle, lorsqu’il n’existe pas de cause palpable. Prescrire à l’heure actuelle un somnifère en cas d’insomnie, un tranquillisant en cas d’anxiété, de la cortisone prolongée en cas de douleur chronique est tout aussi blâmable. On le voit, ces deux médecines sont parfaitement complémentaires et devraient non seulement s’accepter, mais même collaborer, à l’image de ce qui se pratique dans le grand hôpital de Pékin où je travaille régulièrement, un hôpital de médecine dite occidentale où une équipe de médecine dite chinoise intervient systématiquement, à coups d’acupunture, de moxas, de massages, de diététique, pour la satisfaction de tous.