REFLECHISSEZ AVANT D'IMPRIMER.
Participation des étudiants
Nous avons construit un tronc d’arbre coupé, en écho à l’impact écologique lié à la production de papier. Ce dispositif a été accroché au mur, juste au-dessus de l’imprimante la plus utilisée de l’école par les étudiants. Il s’agit d’un dispositif interactif : sur la tranche du tronc, nous avons créé une composition visuelle inspirée d’une cible. Les différentes zones prennent la forme de cernes d’arbre, chacune correspondant à une fourchette de nombre d’impressions. Le principe est simple : l’étudiant place une épingle dans la zone qui correspond au nombre de feuilles qu’il a imprimées. Au centre, une partie rouge attire l’attention, rappelant visuellement une cible à atteindre. Cette zone centrale représente la moyenne journalière d’impressions par élève, invitant chacun à situer sa consommation par rapport à ce repère.
Résultat graphique
Une fois les données par étudiant récoltées, nous avons commencé la réalisation du graphique.Nous avons représenté chaque élève par une couleur différente, et la longueur des lignes varie en fonction du nombre d’impressions : un carreau équivaut à une feuille imprimée.Les carreaux hachurés correspondent aux impressions ratées ou aux maquettes et essais précédant l’impression finale. On remarque que ces impressions d’essai sont souvent plus nombreuses que l’impression finale elle-même. Cela montre qu’il est important de se concentrer davantage lors de la préparation des maquettes pour éviter les tirages inutiles. Pour autant, il ne s’agit pas de supprimer cette étape : les tests d’impression permettent justement de limiter les erreurs lors du tirage final. L’objectif est plutôt de trouver un juste milieu et d’imprimer avec plus de réflexion. Nous avons choisi d’utiliser du papier millimétré afin de respecter précisément les quantités et d’avoir suffisamment d’espace pour inscrire les nombres parfois conséquents de certaines impressions.
POUR CE FAIRE :
Nous avons prélevé chaque jour, pendant une semaine, la liste des impressions directement depuis l’imprimante.Grâce à ces relevés, nous avons pu obtenir le détail de chaque impression : qui a imprimé, quand, et combien de pages. Nous avons ensuite regroupé les impressions par personne et conclu, d’après notre expérience, que les fichiers imprimés plusieurs fois correspondaient généralement à des essais ratés. Une fois toutes ces données triées et calculées, nous avons pu établir que la moyenne d’impressions par élève de l’ESAD est d’environ 10 impressions par jour. De plus, la moyenne d’impressions pour l’ensemble de l’école atteint environ 735 impressions par semaine.
Nous avons conçu deux dispositifs, dont le premier consiste à représenter graphiquement le taux d’impression par élève au sein de l’école. L’idée était qu’un visuel clair et percutant permettrait de rendre ces données immédiatement compréhensibles. Grâce à ce graphique, les écarts entre les habitudes d’impression des étudiants apparaissent nettement, ce qui renforce la prise de conscience.
Le but est alors de faire prendre conscience de ce qu'on dépense comme papier en ecole de design.
On aimerait faire prendre conscience aux étudiants en design graphique que l’impression n’est pas un geste anodin. Souvent, on imprime trop facilement, juste pour vérifier un détail ou voir un rendu rapide. On ne se demande pas toujours si l’on devra réimprimer derrière, ni si l’impression était vraiment nécessaire. Par exemple lorsqu’on réalise des maquettes, il est important d’essayer de les pousser au maximum avant de passer sur papier. Plus la maquette est avancée, moins on aura besoin d’en refaire plusieurs versions. Cela permet d’éviter des séries d’impressions inutiles qui consomment du papier, de l’encre et de l’énergie. Être conscient de ce qu’on fait quand on imprime, c’est déjà réduire une partie de notre impact. Chaque feuille compte, même si elle semble insignifiante dans le moment. Réfléchir avant d’appuyer sur “imprimer", c’est adopter un geste simple mais responsable. Et au final, c’est une manière de montrer que le design peut être créatif tout en restant respectueux de ses ressources.
en moyenne, un élève consomme :
60 feuilles, 600g carbone, 300 litres d'eau.
Par semaine.
en moyenne, l'école consomme :
410 feuilles, 4100g carbone, 2050 litres d'eau.
Par semaine.
Une feuille A4 =
5 litres d'eau. 10 grammes de CO2. 0,00012 soit 3/25000 arbre.
En tant qu’étudiantes en design graphiques, on s’est rendu compte que les étudiants dans ce domaine consomment souvent une grande quantité de papier dans leur processus créatif. Entre les croquis, les moodboards imprimés et les maquettes test, les feuilles s’accumulent rapidement. Cette consommation massive vient parfois d’habitudes ancrées, comme le besoin de visualiser physiquement un projet. Pourtant, cette pratique peut avoir un impact environnemental important. Cette consommation paraît anodine, mais chaque feuille représente un vrai coût écologique : environ 5 litres d’eau, près de 10 grammes de CO₂, et l’équivalent de 0,00012 arbre, soit 3/25 000 d’un arbre. Multipliés par des centaines d’impressions, ces chiffres deviennent alarmants. Même si le papier reste un outil apprécié pour sa texture et sa simplicité, son utilisation mérite réflexion.
CONSOMMATION DE PAPIER À L'ESAD.
Marlyne Canella, Clémentine Houadec, Yuna-Lou Guichaoua, Thelma Dillenschneider