Moniker

Moniker

Qui est Moniker?
Studio Moniker a été fondé à Amsterdam en 2012 par Luna Maurer, Roel Wouters et Jonathan Puckey. Leur approche se distingue par ce qu’ils appellent le “design conditionnel” , une méthode fondée non sur un résultat fixe, mais sur la définition de conditions, règles ou cadres: c’est le public, ou les participants, qui complètent l’œuvre.
Ils mêlent médias numériques, vidéo, installation physique, interaction et participation, avec pour ambition d’interroger la technologie, ses usages et leur impact social.
Depuis 2023, le studio Moniker a cessé d’exister en tant qu’agence, mais Luna Maurer et Roel Wouters poursuivent leurs créations.

CLICK CLICK CLICK
Click Click Click est un browser-event based game. Son but est de révéler les interactions et comportements de l’usager. Le projet interroge sur la surveillance numérique et la collecte de données que nos navigateurs enregistrent souvent à notre insu.
Nous pouvons prendre comme exemple le concept Universal Paperclips qui est un jeu centré sur un seul but : produire des trombones de façon infinie, automatiser la production, puis étendre cette logique à grande échelle. Comme Click Click Click, ce jeu met en lumière les dynamiques de l’automatisation, de la data et des systèmes.
Moniker, avec Click Click Click, adopte une posture critique similaire à celle incarnée par Universal Paperclips : ce n’est pas juste du divertissement, c’est une provocation conceptuelle qui vise à rendre visible ce qui est structurel.

PLACE A STONE
L’œuvre Place a Stone est un mémorial participatif créé par Moniker pour rendre hommage aux 31 personnes tuées le 7 mai 1945 sur la place Dam Square à Amsterdam. N’importe quelle personne, de n’importe où dans le monde, peut “poser une pierre virtuelle” pour contribuer à reconstituer les noms des victimes. Le but étant que le mémorial soit réalisé physiquement.
Par cette œuvre, Moniker transpose la participation numérique dans un acte de mémoire collective, transformant un geste simple mais symbolique (poser une pierre) en un acte global de commémoration.
Ce studio ne se limitevpas à la critique technologique ou sociétale, mais ils sont aussi capables de concevoir des œuvres profondément humaines, sensibles et historiques.
Cela illustre la puissance du design participatif comme moyen de reconstruire des mémoires, de donner une voix collective, de connecter des individus via un outil numérique vers un but commun.

DO NOT TOUCH
Do Not Touch est un clip musical interactif (2013) conçu pour le morceau “Kilo” du groupe Light Light.
Moniker souhaite célébrer ce qu’ils appellent “la fin imminente du curseur d’ordinateur”, alors que les interfaces tactiles deviennent la norme.
L'utilisateur est invité à participer avec son curseur et ses mouvements. En effet chacun des mouvements de curseurs individuels sont enregistrés, puis intégrés dans la vidéo, aux côtés des curseurs d’autres participants du monde entier.
Le résultat est une masse chaotique, changeante, collective : un “ballet” de flèches-cursors, un flux qui illustre visuellement la multitude mais aussi l’individualité dans le nombre.
Do Not Touch critique la standardisation, la perte d’individualité, l’uniformisation des usages numériques.
Elle montre comment le design peut transformer le geste banal du curseur en une expérience artistique et collective. Elle incarne parfaitement la philosophie de Moniker : un cadre minimal, quelques règles, et laisser la foule construire une oeuvre vivante.

CONCLUSION
Studio Moniker défend l’idée que le design n’est pas seulement un produit, mais un système, un espace de jeu. L’utilisateur n’est pas passif, il intervient, complète, participe, ce qui rend chaque œuvre unique et imprévisible.
À travers des projets comme Click Click Click, Place a Stone ou Do Not Touch, le studio explore des thèmes variés : surveillance numérique et alerte au data-tracking, mémoire collective, collectif vs individualité, participation et anonymat, mutation des interfaces.


Click Click Click

Place a Stone

Do Not Touch