Aujourd’hui est un jour ordinaire. Vous rentrez chez vous. Vous avez envie de vous promener un peu, et vous décidez de passer par un petit bois. Vous avancez sur un sentier entre des arbres enneigés et, soudain, vous remarquez qu’au milieu d’une petite clairière se tient une petite porte. Juste une porte, sans clôture ni poteaux, qui ne mène nulle part. Il n’y a aucune construction autour.
Vous rentrez chez vous, avec des sacs lourds remplis de courses. Vous êtes très fatigué·e.
Vous pensez déjà à votre prochaine journée de travail. Et en plus, le temps est gris, comme exprès…
Vous trébuchez sur un caillou et remarquez qu’il ressemble à un
canard.
C’est étrange, une porte en bois ordinaire, mais il y a des signes dessus… vous les touchez et vous êtes surpris·e :
c’est du bois,
mais ça ressemble au métal…
ou au verre.
La porte s’ouvre facilement. Vous pensiez que le bois allait grincer, mais rien ne se passe. Elle s’ouvre simplement.
Derrière vous reste la forêt d’hiver. La neige repose légèrement sur les branches, comme dans toutes les images d’hiver où tout est paisible. Le sentier par lequel vous êtes venu disparaît entre les arbres.
Mais lorsque vous vous retournez, la forêt disparaît.
La place est large et silencieuse, et de longues ombres s’étirent — trop longues pour cette lumière douce. À gauche, sous les arcades, une porte blanche. À droite, une rue étroite.
Sous une arcade se tient un homme. Il est immobile. Il porte un manteau noir et un chapeau. Une pomme verte cache son visage, suspendue devant sa tête. La pomme bouge légèrement.
Vous ne vous approchez pas de lui et vous choisissez d’ouvrir la porte.
La pièce est blanche et silencieuse. Il n’y a presque rien — une table,une chaise et un dessin d’une pipe sur le mur. La pipe est dessinéeavec beaucoup de précision, très réaliste.
Le monde devient étrange. Vous ne comprenez pas tout de suite pourquoi, puis soudain vous réalisez qu’il manque : l’une des deux dimensions. Et autour de vous, il n’y a que du vide. Juste une étendue blanche. Au milieu flotte un grand
Il attire votre regard.
Vous vous approchez…
et vous êtes aspiré.
Quand vous revenez à vous, vous êtes de nouveau sur la place.
La porte derrière vous disparaît. À sa place apparaît un escalier. Il commence comme un escalier classique, mais très vite vous comprenez que les marches ne vont pas dans une seule direction.
Elles montent, tournent, montent encore, et l’espace change autour de vous si doucement que vous ne le remarquez pas tout de suite.
Des gens marchent sur les escaliers, tous différents, comme dans le métro aux heures de pointe.
Et soudain, pendant quelques secondes, vous le voyez — cet homme en manteau et chapeau. Son visage est toujours caché par la pomme.
Vous vous sentez mal à l’aise et vous voulez partir. Mais comment sortir d’ici avec ces escaliers impossibles ? Une porte ! Où est la porte ! Et soudain, une porte apparaît.
Bon… ce n’est pas très intéressant. De longues étagères, toutes remplies des mêmes boîtes de soupe.
CampbellCampbellCampbell
ça me dit quelque chose. Peut-être manger un peu ?
Vous arrivez dans un champ. Il semble normal, mais vous remarquez vite des choses étranges.
Un chevalier marche dans l’herbe. Devant lui rampe un escargot géant avec un visage de vieillard. Un peu plus loin, un lapin en armure porte une lance. Un singe joue de la cornemuse.
Tout cela semble parfaitement naturel. Sur une colline, il y a une tour. En vous approchant, le monde change.
Devant vous s’étend une plaine étrange, mais elle n’est pas vide : partout, de petites scènes se jouent. Des gens montent des poissons. Au loin, un oiseau est assis sur un trône. Des instruments de musique sont posés au sol, et certains sont utilisés… pas semblement avec la bouche. Étrangement, tout cela paraît normal.
Et dans cette foule, vous le voyez encore.
Manteau noir.
Chapeau.
Pomme.
Il est immobile.
Vous comprenez qu’il est temps de partir. Mais comment ?
Vous rentrez chez vous. Vous déposez vos sacs de courses, enlevez votre manteau. Vous êtes très fatigué·e. Il faut encore préparer le dîner… et la journée se termine.
… Le jeu est amusant, les chiens bluffent et plaisantent. À la fin, vous gagnez
une montre. Elle est très belle, mais étrange — comme si elle fondait.
Vous l’aimez beaucoup et décidez de la remonter.
Au dernier tour de clé, vous comprenez que vous marchez de nouveau sur le sentier enneigé dans le bois,
et que l’on voit déjà les immeubles au loin. Mais où est la porte ? et la clairière ?
peut-être derrière… ou peut-être pas.
Pensif·ve, vous rentrez chez vous. Vous déposez vos sacs de courses, enlevez votre manteau et voyez
la montre
à votre poignet. Elle est belle, un peu étrange, comme liquide. Vous souriez.