Fille d'un botaniste et anatomiste réputé, Rachel Ruysch (1664-1750) se fait connaître par ses natures mortes de fleurs et devient une artiste très prisée des élites des Pays-Bas et d'Allemagne. De son vivant, ses tableaux lui rapportent souvent davantage que Rembrandt (1606-1669) ne gagnait pour les siens. L'œuvre de Ruysch est notable pour la précision avec laquelle elle dessine diverses variétés de plantes et d'insectes, grâce aux connaissances acquises auprès de son père, et pour la vie qu'elle réussit à leur insuffler, grâce aux techniques que lui enseigne le peintre de natures mortes Willem Van Aelst (1627-1683). C'est aussi de Van Aelst qu'elle apprend à donner un air improvisé à ses arrangements floraux savants. Les fleurs de cette nature morte ne fleurissent pas à la même saison, mais leur choix est avant tout symbolique. L'iris, avec ses pétales groupés par trois, renvoie à la Sainte Trinité, tandis que le coquelicot blanc, associé au sommeil ou à la mort, évoque la Crucifixion. La présence de minuscules insectes et de fleurs fanées signale le caractère éphémère de l'existence. Au début du xvir siècle, après l'introduction en Europe de bulbes de tulipe venus de Turquie, les Provinces-Unies sont gagnées par une véritable « tulipomanie ». Le prix du bulbe de tulipe augmente de façon excessive, avant que la bulle n'éclate en 1638, entraînant la ruine de nombreux investisseurs.