Timoclée jetant le capitaine thrace dans un puits

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ELISABETTA SIRANI : HUILE SUR TOILE • 227 x 177 CM • NAPLES, MUSEO DI CAPODIMONTE, 1659

La brève existence d'Elisabetta Sirani (1638-1665) est notamment marquée par l'ouverture d'une école de Peinture pour femmes où elle forme des élèves issues de tous les milieux sociaux, en plus de ses sœurs. Comme Lavinia Fontana, Elisabetta Sirani naît à Bologne et s'illustre par des compositions à sujet religieux de grand format. En tant que femme, et d'autant plus qu'elle est fille d'artiste, elle se sent obligée de prouver, face à l'incrédulité du public, qu'elle est bien l autrice de ses tableaux en autorisant l'acces à son atelier aux observateurs. Ses œuvres célèbrent souvent la bravoure féminine. L'histoire de Timoclée, dont s'inspire ce tableau, est tirée d'un épisode relaté par Plutarque dans sa biographie d'Alexandre le Grand (v. 100 apr. ].-C.) : au cours de l'invasion de Thèbes, un capitaine de l'armée d'Alexandre viole une jeune femme nommée Timoclée et lui demande où est caché son argent. Timoclée le conduit au puits qui est dans son jardin, le pousse dedans, puis l'achève en jetant de grosses pierres. La plupart des artistes inspirés par cette histoire imaginent le personnage de Timoclée dans l'attente du jugement d'Alexandre, mais Elisabetta Sirani consacre son tableau à la vengeance de la femme et souligne l'impuissance du capitaine, qui tombe la tête la première, sans pouvoir se défendre. Dans le plus pur style baroque, elle choisit un moment d'action, qu'elle rend de façon dramatique.